Pêche post-Brexit : Les négociations continuent, pas de sanction avant jeudi

DIPLOMATIE La France ne prendra pas de sanctions avant jeudi, alors que la justice doit trancher aujourd’hui le sort du chalutier britannique accusé de pêcher sans licence

20 Minutes avec AFP
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La France veut obtenir des licences pour treize navires à Jersey.
La France veut obtenir des licences pour treize navires à Jersey. — ISA HARSIN/SIPA

Le ton a baissé mais aucun des protagonistes ne semble prêt à faire la moindre concession. Alors que le sort du chalutier britannique dérouté vers Le Havre doit être fixé par la justice aujourd’hui, Paris continue de réclamer des licences pour treize navires à Jersey, dans les difficiles négociations autour de la pêche post-Brexit.

La rencontre entre Emmanuel Macron et Boris Johnson à l’occasion de la COP26 à Glasgow a contribué à stopper l’escalade des tensions. Dans ce dossier qui concerne aussi l’ Union européenne, la France a repoussé l’entrée en vigueur de mesures de rétorsion décidées contre le Royaume-Uni à « au moins jeudi », date prévue d’une réunion à Paris entre le secrétaire d’État britannique chargé du Brexit David Frost et le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune.

Pendant ce temps, les négociations s’axent sur les zones de pêches dans les eaux territoriales, l’île de Jersey et les navires de remplacement. Mais le litige sur les documents à fournir pour obtenir une licence reste entier. En théorie, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant.

650 millions d’euros pour les pêcheurs européens

Environ un quart des prises françaises en volume (environ 20 % en valeur) proviennent des eaux britanniques, très poissonneuses et qui sont à l’origine de 650 millions d’euros de ventes annuelles pour les pêcheurs européens. La résolution du conflit est donc capitale, mais les deux camps continuent d’agiter des menaces. Les Français prévoient notamment d’interdire aux navires de pêche britanniques de débarquer leurs cargaisons dans les ports français et de renforcer les contrôles des bateaux et des camions si Londres n’accorde pas davantage de licences aux pêcheurs français.

En réaction, le gouvernement britannique a menacé de recourir au mécanisme de règlement des différends dans le cadre de l’accord commercial post-Brexit pour demander des « mesures compensatoires » et de renforcer les contrôles des bateaux de pêche européens. Boris Johnson a d’ailleurs indiqué que la position du Royaume-Uni n’avait pas bougé d’un pouce depuis le début de l’affaire…