Etats-Unis : Un républicain élu gouverneur de Virginie, grosse claque pour Biden et les démocrates

POLITIQUE Vu comme un baromètre, un an après la victoire de Joe Biden, ce scrutin laisse présager d'élections de la mi-mandat compliquées pour les démocrates

P.B. avec AFP
— 
Le républicain Glenn Youngkin a été élu gouverneur de Virginie le 2 novembre 2021.
Le républicain Glenn Youngkin a été élu gouverneur de Virginie le 2 novembre 2021. — Steve Helber/AP/SIPA

Joe Biden le sait, les midterms de l’an prochain s’annoncent difficiles, comme c’est la tradition pour le parti au pouvoir. Mais avec la défaite du candidat démocrate qui briguait un second mandat – non consécutif – comme gouverneur de Virginie, mardi, Nancy Pelosi et Chuck Schumer peuvent officiellement s’inquiéter pour leur fragile majorité au Congrès.

Le républicain Glenn Youngkin, un businessman de 54 ans qui a su séduire l’électorat de Donald Trump sans faire fuir les indépendants, a été élu avec une marge de près de 3 points (51 % vs 48,3 % sur 95 % des bulletins dépouillés). Grand favori il y a un mois, Terry McAuliffe, gouverneur de 2014 à 2018 et très proche de Bill et Hillary Clinton, s’est effondré dans la dernière ligne droite. Une contre-performance qui interpelle, alors qu’il y a un an, Joe Biden avait remporté cet Etat avec 10 points d’écart face à Donald Trump. Le président américain s'est d'ailleurs personnement engagé dans la bataille, faisant campagne pour McAuliffe fin octobre.

Recette gagnante post-Trump pour les républicains

Pendant les primaires, Glenn Youngkin a surfé sur le « grand mensonge », la soi-disant fraude électorale dénoncée par Donald Trump et ses partisans. Mais après s’être extirpé du peloton républicain, il a pris ses distances avec l’ancien président américain, reconnaissant notamment que la victoire de Joe Biden était « légitime », une stratégie qui pourrait donner des idées aux conservateurs l'an prochain.

Pour mobiliser sa base, Youngkin a attisé la « culture war » en combattant farouchement l’enseignement de « la théorie critique de la race », courant de pensée qui analyse le racisme comme un système plutôt qu’au niveau des préjugés individuels. Il a axé avec succès sa campagne sur l’éducation, assurant que les parents devaient avoir une influence sur les programmes scolaires de leurs enfants, mettant à mal Terry McAuliffe lors d’un débat télévisé.

Pour Joe Biden, de nombreux signaux sont au rouge. Retrait controversé d’Afghanistan, inflation, projets de lois de finances démocrates en souffrance au Congrès… Le président américain s’est effondré de 10 points dans les sondages depuis la mi-juillet, à 43 % de satisfaits contre 51 % de mécontents. Selon Dave Wasserman, influent éditeur du Cook Political Report, « les résultats de ce soir sont cohérents avec un environnement politique dans lequel les républicains pourraient confortablement reprendre la Chambre et le Sénat en 2022. » Dans un tel scénario, la seconde moitié du mandat de Joe Biden serait sans doute complètement paralysée, avec des réformes majeures impossibles à faire adopter.