Facebook : « Nous devons en faire plus » contre la désinformation dans les pays « à risque », admet son vice-président

RESEAU SOCIAL Près de 87% du budget de Facebook consacré à la lutte contre la désinformation est concentré sur les États-Unis, alors que la grande majorité de ses utilisateurs se trouvent ailleurs

20 Minutes avec AFP
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Image d'illustration Facebook.
Image d'illustration Facebook. — OLIVIER DOULIERY / AFP

« Nous devons en faire plus » contre la désinformation dans les pays jugés « à risque », a admis Nick Clegg, le vice-président de Facebook, ce mardi, dans la tourmente après une série de révélations indiquant que l’entreprise ne consacre pas suffisamment de ressources pour circonscrire ce problème.

Près de 87 % du budget de Facebook consacré à la lutte contre la désinformation est concentré sur les États-Unis, alors que la grande majorité de ses utilisateurs se trouvent ailleurs, selon les «Facebook Papers»​, des milliers de documents internes révélés par la lanceuse d’alerte Frances Haugen.

Modération du contenu

S’il a admis devant le public du Web Summit à Lisbonne que des « questions légitimes » ont émergé après les « Facebook Papers », Nick Clegg a insisté sur le fait que l’entreprise avait consacré des « ressources importantes » pour améliorer la situation.

«Nous avons maintenant une modération de contenu dans plus de 70 pays, et nous en ajoutons sans cesse », a-t-il déclaré dans une intervention par visioconférence, ajoutant que des modérateurs dans 12 nouvelles langues, dont le créole haïtien, avaient été embauchés cette année. « Nous avons manifestement tiré des leçons assez sévères de ce qui s’est passé au Myanmar », a-t-il ajouté, en référence à l’utilisation généralisée de Facebook pour attiser la violence ethnique dans le pays.

Le rôle de Facebook dans la propagation en Inde d’images et propos haineux de nature à exacerber les conflits intercommunautaires a également été révélé via la divulgation de documents internes par divers médias américains. Cette attitude s’inscrit dans le sillage de ce que dénonce plus généralement Frances Haugen : Facebook connaît, et étudie les problèmes mais choisit, en bonne partie, de les ignorer ou de ne pas consacrer suffisamment de ressources pour les circonscrire.

La « sécurité » avant le « métavers »

Tête d’affiche de la séance d’ouverture de la grande messe du numérique à Lisbonne, la lanceuse d’alerte avait pressé lundi Facebook d’investir sur la « sécurité » avant le « métavers », la nouvelle priorité stratégique du groupe désormais baptisé Meta. « Encore et encore, Facebook choisit l’expansion dans de nouveaux domaines plutôt que de s’en tenir à ce qu’il a déjà fait. Je trouve cela inadmissible… Il faut consacrer plus de ressources aux systèmes de sécurité de base », avait-elle déclaré.

« Au lieu d’investir pour s’assurer que leurs plateformes sont un minimum sûres, ils sont sur le point d’engager 10.000 ingénieurs » en Europe pour le développement du « métavers », a-t-elle ajouté à propos du monde parallèle numérique qui représente, selon le patron de Facebook, l’avenir d’Internet. « Je ne peux imaginer comment cela puisse avoir du sens », a-t-elle encore dit.