Brexit : Emmanuel Macron met en pause jusqu’à jeudi les menaces de sanctions sur la pêche

SURSIS Les Britanniques devraient se présenter ce mardi « avec de nouvelles propositions » d’après le président, qui a renoncé à appliquer des sanctions à minuit

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron et Boris Johnson en discussion lors de la COP26 à Glasgow
Emmanuel Macron et Boris Johnson en discussion lors de la COP26 à Glasgow — Alastair Grant/AP/SIPA

Dans sa partie de bras de fer post-Brexit avec le Royaume-Uni, la France mise finalement encore un peu sur le dialogue. Sur le très sensible dossier de la pêche, Emmanuel Macron a ainsi renoncé lundi à appliquer des sanctions à minuit pour « donner une chance » aux discussions.

« Ce n’est pas pendant qu’on négocie qu’on va mettre des sanctions », a affirmé le président français, en marge de la COP26 à Glasgow. « Les prochaines heures sont des heures importantes » et « j’ai compris que les Britanniques allaient revenir vers nous [mardi] avec d’autres propositions », a assuré Emmanuel Macron.

Une rencontre décisive jeudi à Paris

L’Elysée a par la suite précisé que la France n’appliquerait pas de sanction au moins jusqu’à jeudi, date prévue d’une réunion à Paris entre le secrétaire d’Etat britannique chargé du Brexit, David Frost et le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune qui l’a invité.

Pour justifier ce sursis, le président français a en outre expliqué faire « confiance au Premier ministre britannique Boris Johnson pour prendre sérieusement » les propositions françaises et pour que les discussions débouchent sur un « résultat ». « Pendant 10 mois, les résultats ont été trop lents, si cette nouvelle méthode permet d’avoir un résultat, je souhaite qu’on lui donne une chance ».

Des sourires de façade

Emmanuel Macron et Boris Johnson ont échangé de longues minutes en souriant devant les caméras lors de l’arrivée lundi du président français à la COP26. Mais la bonne entente des deux dirigeants n’est que de façade. Paris avait encore brandi lundi matin l’application de sanctions dès minuit si Londres n’accordait pas davantage de licences aux pêcheurs français. Les Français menacent d’interdire aux navires de pêche britanniques de débarquer leurs cargaisons dans les ports français et de renforcer des contrôles douaniers de tous les camions.

Le gouvernement britannique a de son côté « salué » cette désescalade temporaire. Durant la journée de lundi, il avait œuvré pour aller vers le dialogue plutôt que les sanctions. La ministre des Affaires étrangères britannique, Liz Truss, avait ainsi appelé lundi matin sur Sky News la France à retirer ses menaces « complètement déraisonnables ». Faute de solution « dans les 48 heures », le gouvernement britannique s’appuierait sur le mécanisme de règlement des différends dans le cadre de l’accord post-Brexit pour demander des « mesures compensatoires ».

Les inquiétudes des pêcheurs

Londres avait aussi prévenu s’apprêter à renforcer les contrôles des bateaux de pêche européens, une menace qui inquiète les pêcheurs, selon Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins des Hauts-de-France.

En vertu de l’accord de Brexit, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir.