L’Algérie coupe le gaz au Maroc

TENSIONS Depuis fin août, les relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc sont rompues. Nouvelle preuve de tensions entre les deux pays, Alger ne fournira plus de gaz à l’Espagne via le gazoduc qui passe par le Maroc

F.H. avec AFP
Production de gaz en Algérie. (Illustration)
Production de gaz en Algérie. (Illustration) — RYAD KRAMDI / AFP

Il y a de l’eau dans le gaz entre l'Algérie et le Maroc. En conséquence, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a « ordonné » dimanche de sceller le gazoduc alimentant l’Espagne qui passe par le Maroc. La raison ? « Les pratiques à caractère hostile du royaume [marocain] qui portent atteinte à l’unité nationale », selon le communiqué de la présidence diffusé par la télévision publique.

« Le président Abdelamadjid Tebboune a ordonné la cessation des relations commerciales entre Sonatrach et l’Office marocain de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et le non-renouvellement de l’accord qui expire dimanche à minuit », détaille le communiqué.

L’Algérie fournit 97 % des besoins en gaz du Maroc

Les livraisons de gaz algérien à l’Espagne se feront désormais exclusivement via le gazoduc sous-marin Medgaz lancé en 2011. Depuis 1996, l’Algérie, premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, expédiait vers l’Espagne et le Portugal environ 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an via le Gaz Maghreb Europe.

En contrepartie du transit du gazoduc, Rabat recevait annuellement près d’un milliard de m3 de gaz naturel, ce qui représente 97 % de ses besoins. La moitié étaient des droits de passage payés en nature, l’autre du gaz acheté à un prix avantageux, selon des experts du secteur.

Fin août, l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc, invoquant des « actions hostiles » du royaume, une décision « complètement injustifiée », selon Rabat. La crise a éclaté peu après la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, en échange de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Alger, qui appuie les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, répète régulièrement de son côté son soutien à la cause palestinienne.