Pêche post-Brexit: Londres appelle Paris à retirer ses menaces

TENSIONS Le climat reste tendu entre la France et la Grande Bretagne, en particulier dans le litige sur les licences de pêche post-Brexit

20 Minutes avec AFP
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Les bateaux de pêche français lors de leur manifestation à Jersey, en mai 2021. (archives)
Les bateaux de pêche français lors de leur manifestation à Jersey, en mai 2021. (archives) — SAMEER AL-DOUMY / AFP

Les tensions ne s’apaisent toujours pas entre la France et la Grande Bretagne. Ce lundi, la ministre des Affaires étrangères britannique, Liz Truss, a appelé le gouvernement français à retirer ses menaces de sanctions dans le litige sur les licences de pêche post-Brexit, qui envenime les relations entre Paris et Londres.

Faute d’avancée d’ici à mardi, Paris menace d’appliquer l’interdiction aux navires de pêche britanniques de débarquer leur cargaison dans les ports français et le renforcement des contrôles douaniers de camions.

« Des menaces complètement déraisonnables »

"Les Français ont fait des menaces complètement déraisonnables, y compris contre les îles anglo-normandes et notre industrie de la pêche et ils doivent retirer ces menaces", a déclaré Liz Truss sur SkyNews.

Faute de solution "dans les 48 heures", la cheffe de la diplomatie a précisé que le gouvernement britannique s’appuierait sur le mécanisme de règlement des différends dans le cadre de l’accord commercial post-Brexit pour demander des "mesures compensatoires".

Querelles techniques

En vertu de l’accord de Brexit, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir. Paris et Londres estiment être dans leur bon droit et le président français Emmanuel Macron a déclaré dimanche que la "balle était dans le camp des Britanniques".

Pris dans cette dispute entre les deux pays, Ian Gorst, ministre des Relations extérieures de l’île anglo-normande de Jersey, a appelé sur Sky News à "arrêter toutes ces bêtises et s’occuper des problèmes techniques" permettant de délivrer les licences de pêche.

L’Irlande du Nord en toile de fond

Un autre sujet de tension post-Brexit persiste concernant l'Irlande du Nord. Londres exige la renégociation des mesures douanières spécifiques à la province britannique mais les négociations, qui reprennent cette semaine à Bruxelles, restent dans l’impasse.

Dans le quotidien The Telegraph, le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic s’est dit "de plus en plus inquiet que le gouvernement britannique s’engage sur la voie de la confrontation".

Destiné à la fois à protéger le marché européen et à empêcher le rétablissement d’une frontière physique sur l’île d’Irlande qui risquerait de fragiliser la paix, le protocole nord-irlandais maintient de fait l’Irlande du Nord dans l’union douanière et le marché unique européens.

Mais il est dénoncé par Londres et les unionistes nord-irlandais, attachés au maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni. Ils l’accusent de perturber les échanges entre la province et la Grande-Bretagne, séparées par la mer. Le secrétaire d’État britannique chargé du Brexit, David Frost, a estimé que l’Union européenne s’être montrée "sans égard envers les énormes sensibilités politiques, économiques et identitaires" en Irlande du Nord.