Brexit : Macron prône la désescalade dans la crise de la pêche, Johnson reste ferme

G20 La crise de la pêche continue de parasiter les relations entre le Royaume-Uni et la France

J.-L.D. avec AFP
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Boris Johnson et Emmanuel Macron jouent encore à je t'aime, moi non plus
Boris Johnson et Emmanuel Macron jouent encore à je t'aime, moi non plus — Andreas SOLARO / AFP

Après des semaines de tension croissante, la crise de la pêche a dominé un entretien entre Emmanuel Macron et Boris Johnson ce dimanche, le président français appelant à la « désescalade » tandis que le Premier ministre britannique insistait sur le retrait des menaces de représailles de Paris.

Pour la première fois depuis le G7 en juin, les deux dirigeants se sont retrouvés en tête-à-tête pendant près d’une demi-heure, en marge du sommet du G20 à Rome. Ce rendez-vous était très attendu alors que les relations entre Paris et Londres sont au plus bas en raison de plusieurs sujets de discorde : affaire des sous-marins australiens, traversées illégales de la Manche par des migrants, et mise en œuvre du Brexit.

Deux versions de la discussion

Le différend le plus urgent à traiter est celui de la pêche, qui menace de dégénérer dans les prochains jours avec l’entrée en vigueur prévue mardi de premières mesures de rétorsion de la part de la France. Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Clément Beaune a encore rappelé dimanche matin sur Twitter que Paris se tenait prêt à appliquer « des mesures proportionnées et réversibles ».

Mais l’Elysée et Downing Street ont donné deux versions assez différentes de la discussion entre Macron et Johnson, en attendant que les deux dirigeants s’expriment publiquement lors de conférences de presse prévues dans l’après-midi. La présidence française a affirmé qu’Emmanuel Macron et Boris Johnson s’étaient entendus pour qu’un « travail en commun » soit mené afin que « des mesures pratiques et opérationnelles soient prises le plus vite » pour favoriser « la désescalade ».

Faut-il punir le Royaume-Uni ?

Sans détailler les dispositions envisagées, elle a souligné qu'« une solution » était possible car le différend ne porte que sur « quelques dizaines de bateaux » français. La tenue de telles discussions n’a pas été confirmée par la partie britannique qui, sur un ton plus offensif, a insisté sur la nécessité pour Paris de retirer ses menaces.

Boris Johnson a « réitéré sa profonde préoccupation au sujet de la rhétorique du gouvernement français ces derniers jours », selon un porte-parole de Downing Street, citant notamment les propos du Premier ministre Jean Castex selon lesquels « le Royaume-Uni devrait être puni pour avoir quitté l’UE ». L’Elysée a indiqué qu’un point serait fait mardi sur la mise en œuvre ou non des mesures de rétorsion annoncées par Paris, notamment l’interdiction aux navires de pêche britanniques de débarquer leur cargaison dans les ports français et le renforcement des contrôles douaniers de camions.

Ces décisions ont été jugées « disproportionnées » par Londres qui, fait rare, a convoqué l’ambassadeur de France et menacé, en représailles, de renforcer le contrôle de navires européens frayant dans ses eaux. « Même si Boris Johnson cherche toujours à faire de cela un sujet franco-britannique, ce sont des affaires post-Brexit qui se traitent entre l’UE et le Royaume-Uni », a souligné dimanche l’Elysée. « Nous attendons qu’il respecte les règles du jeu et sa signature » de l’accord post-Brexit.