Affaire Carlos Ghosn : Un ex-collaborateur chez Nissan plaide son innocence lors de son procès à Tokyo

JAPON L’ancien responsable des affaires juridiques du groupe est présenté comme le cerveau du système de rémunérations cachées destinées à Carlos Ghosn

20 Minutes avec AFP
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Nissan a plaidé coupable dans ce procès et imploré la clémence des juges.
Nissan a plaidé coupable dans ce procès et imploré la clémence des juges. — Koji Sasahara/AP/SIPA

Vu de France, ce n’est évidemment pas le nom le plus connu dans cette affaire. Mais à défaut de Carlos Ghosn, évadé de l’archipel dans des conditions rocambolesques fin 2019, la justice japonaise cible Greg Kelly dans le procès des rémunérations prévues pour le grand patron du groupe Nissan.

Fin septembre, les procureurs ont requis deux ans de prison ferme contre cet ancien responsable des affaires juridiques de Nissan âgé aujourd’hui de 65 ans. Ils l’avaient présenté comme le cerveau des efforts du constructeur automobile pour gonfler en secret les revenus de Carlos Ghosn. Le parquet lui reproche d’avoir aidé l’homme d’affaires franco-libanais à cacher aux autorités boursières japonaises 9,1 milliards de yens (près de 70 millions d’euros) de revenus sur la période 2010-2018 que Nissan prévoyait de verser ultérieurement à son grand patron à l’époque.

« Je n’ai pas été impliqué dans une conspiration criminelle, et je ne suis coupable d’aucun crime », s’est défendu l’accusé américain au dernier jour du procès. Greg Kelly a expliqué que les actions qu’il a menées avec d’autres responsables de Nissan visaient à « trouver un moyen légal de conserver » Carlos Ghosn dans le giron du constructeur automobile nippon après sa retraite, et ce dans le « meilleur intérêt » du groupe qui craignait qu’il ne rejoigne une société concurrente. Sur la forme, son avocat Yoichi Kitamura a expliqué que ni les montants, ni les moyens de paiement ni le calendrier de ces paiements n’étaient déterminés, et donc Nissan n’avait pas besoin de publier ces données.

Nissan a plaidé coupable

Si le verdict ne sera rendu que le 3 mars, Yoichi Kitamura, s’était dit « plutôt confiant » fin septembre sur les chances de l’Américain d’être acquitté, et avait annoncé qu’ils feraient « automatiquement appel » en cas de peine, même légère. Le procès est par ailleurs suivi avec attention aux Etats-Unis, où le nouvel ambassadeur au Japon, Emanuel Rahm, a dit la semaine dernière devant le Sénat américain qu’il comptait suivre le dossier de près.

Egalement jugé dans ce procès, mais en tant qu’entité morale, Nissan a pour sa part plaidé coupable ce mercredi, tout en implorant la clémence des juges. Les avocats du constructeur japonais allié au français Renault ont notamment fait valoir les amendes totalisant plusieurs dizaines de millions d’euros qu’il a déjà payées auprès des autorités boursières japonaises et américaines dans cette affaire, et les dommages pour son image de marque. Le parquet a requis le mois dernier une amende symbolique de 200 millions de yens (1,5 million d’euros) contre Nissan.