Tunisie : Le président d’une association LGBT écope d’un an de prison pour blasphème

CONDAMNATION Exilé en France, Mounir Baatour est accusé d’avoir sur Facebook présenté le prophète Mahomet comme un obsédé sexuel. Il nie être l’auteur de cette publication

20 Minutes avec AFP
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Le militant LGBT Mounir Baatour, à Tunis le 8 août 2019.
Le militant LGBT Mounir Baatour, à Tunis le 8 août 2019. — Hassene Dridi/AP

Le blasphème est un motif de condamnation judiciaire en Tunisie. Le président de la principale association LGBT du pays a annoncé mardi avoir été condamné à un an de prison pour une publication sur Facebook envers le prophète Mahomet, bien qu’il démente catégoriquement en être l’auteur.

« La chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis vient de me condamner à un an de prison ferme, mille dinars d’amende (300 euros) et deux ans de contrôle administratif pour avoir blasphémé le prophète Mahomet », a écrit Mounir Baatour, président de l’association Shams, sur sa page Facebook. Le militant vit en France après avoir quitté la Tunisie en 2019 à la suite de plaintes et de menaces en raison de cette publication présentant Mahomet comme un obsédé sexuel.

Pour le président : ni dépénalisation, ni incarcération

Créée en 2015, l’association Shams (« soleil » en arabe) milite pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie. Le président du pays, Kais Saied, s’oppose à une dépénalisation, mais est également opposé aux incarcérations sur la base de l’orientation sexuelle.

Depuis la révolution de 2011, les militants LGBT sont sortis de l’ombre en Tunisie, où des ONG locales défendent ouvertement les droits de cette communauté, ce qui est encore relativement rare dans le monde arabe. Human Rights Watch (HRW) avait exprimé en 2020 sa « profonde inquiétude » face aux poursuites judiciaires contre la communauté LGBT en Tunisie, notamment après la condamnation en juin de deux hommes à deux ans de prison ferme pour sodomie.