Haïti : La pénurie de carburant va toucher les hôpitaux et les télécommunications

GANGS Les services vitaux de plus de 40 structures hospitalières pourraient devoir cesser leurs activités très bientôt

20 Minutes avec agences
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Une vue aérienne d'une rue vide de Port-au-Prince (Haïti), après un appel à la grève générale contre l'insécurité et la montée des violences en octobre 2021.
Une vue aérienne d'une rue vide de Port-au-Prince (Haïti), après un appel à la grève générale contre l'insécurité et la montée des violences en octobre 2021. — Matias Delacroix/AP/SIPA

Les hôpitaux et services de télécommunications en Haïti ont alerté lundi sur un risque d’arrêt de leurs activités en raison de la pénurie de carburant. Cette dernière est causée par la mainmise grandissante des gangs sur la capitale Port-au-Prince.

Des vies sont « susceptibles d’être perdues » si les livraisons de carburant ne parviennent pas immédiatement aux hôpitaux, a averti dimanche le coordinateur humanitaire par intérim des Nations unies à Haïti, Pierre Honnorat. L’association des hôpitaux privés d’Haïti, qui fournit plus de 70 % des soins, a elle lancé « un cri d’alarme au gouvernement » face à une « situation dramatique ».

Des structures hospitalières inquiètes

« Avec cette pénurie de carburant, c’est la poursuite de services vitaux de 40 centres hospitaliers à des pans entiers de la population qui est hypothéquée », a affirmé l’association ce dimanche. « Les plus démunis risquent d’en payer chèrement les conséquences de leur vie. »

Même inquiétude du côté de Médecins sans Frontières, présent en Haïti depuis trente ans. « Si la situation perdure, l’hôpital de traumatologie/grands brûlés de Tabarre à Port-au-Prince, qui reçoit en moyenne 155 patients par mois, risque de devoir réduire ses activités et restreindre ses critères d’admission dans les prochains jours », a déclaré l’ONG.

Des enlèvements crapuleux

Les gangs qui contrôlent une bonne partie de Port-au-Prince bloquent depuis plusieurs mois les axes routiers conduisant aux terminaux pétroliers, empêchant l’approvisionnement des stations-service. Cette situation a déjà provoqué l’arrêt de service de télécommunications mobiles, dont les antennes sont alimentées en électricité par des générateurs.

« Plus de 300 sites sur 1.500 sont affectés par la pénurie de carburant », a déploré ce lundi le directeur de Digicel, compagnie téléphonique qui contrôle 75 % du marché haïtien. Écoles et commerces sont restés fermés lundi à Port-au-Prince, où les rues d’ordinaire encombrées étaient désertes après un appel à la grève des syndicats de transports en commun contre l’insécurité.

Depuis l’été, les gangs ont multiplié les enlèvements crapuleux à travers le pays. Une des bandes armées les plus puissantes du pays réclame 17 millions de dollars de rançon pour libérer des missionnaires et des membres de leurs familles. Ces seize citoyens américains et un citoyen canadien ont été enlevés le 16 octobre dernier.