Ile de Pâques : Les habitants votent contre une réouverture aux touristes

PANDEMIE L’île chilienne n’accueille plus de visiteurs depuis mars 2020

20 Minutes avec Agences
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Plusieurs moaï sur le volcan Rano Raraku de l’île de Pâques.
Plusieurs moaï sur le volcan Rano Raraku de l’île de Pâques. — Finbarr Webster/Shutter/SIPA

Les habitants de l’île de Pâques, coupés du monde depuis plus d’un an et demi en raison de la pandémie de coronavirus, ont voté dimanche à 67 % contre la réouverture de l’île aux touristes. L’île chilienne du Pacifique Sud, connue pour ses impressionnants mégalithes, compte environ 10.000 habitants, à 60 % du peuple Rapa Nui (du nom originel de l’île) de culture polynésienne. Les Rapanuis devaient répondre par « oui » ou par « non » à la question suivante : « Voulez-vous ouvrir l’île en janvier ? »

Le « non » l’a donc emporté avec 649 votes, contre 320 pour le « oui » et 3 votes nuls, a détaillé sur les réseaux sociaux la communauté locale Ma’u Henua, qui administre le parc national Rapa Nui. Seules 972 personnes ont pris part au vote, soit moins de 20 % des habitants appelés aux urnes. Le résultat du vote n’est pas contraignant, et la décision finale reviendra aux autorités sanitaires de la région de Valparaiso, dont dépend l’île, située à 3.700 km des côtes du Chili, ou du ministère de la Santé, qui n’a pas encore dit s’il comptait suivre ou non le résultat de la consultation.

Pas de décès pendant la pandémie

Les habitants de l’île n’ont pas vu un seul touriste depuis mars 2020 et l’imposition de l’état d’exception au Chili avec des restrictions sanitaires face au coronavirus. Le pays a enregistré plus de 1,6 million de cas et plus de 36.000 décès depuis le début de la pandémie.

Pour sa part, l’île comptabilise à ce jour huit cas de Covid-19 et aucun nouveau cas depuis septembre 2020, et il n’y a pas eu de décès pendant la pandémie, selon les données des autorités locales. Sur l’île de Pâques, 73,1 % de la population est vaccinée contre le Covid-19, mais le centre médical de Hanga Roa, la capitale, ne dispose d’aucune unité de soins intensifs. Une seule ambulance médicalisée envoyée depuis le continent, il y a un mois, peut transporter un patient dont la vie est menacée par le Covid-19.

Un débat clivant

« L’île tire ses revenus de l’industrie touristique, c’est la source de l’économie », a expliqué Salvador Atan, vice-président de la communauté locale Ma’u Henua, qui s’est montré, à l’instar des autorités locales, favorable à une réouverture de l’île. « Je crois que [l’île] peut vivre [sans s’ouvrir], nous devons seulement réinventer et nous rappeler ce qu’ont fait nos pères et grands-pères autrefois, ils ont survécu [sans tourisme] », a déclaré pour sa part Hugo Atan, un fonctionnaire qui a voté « non ».

« C’est très simple, cela fait quasiment deux ans que nous sommes enfermés, les revenus se sont réduits de telle manière qu’ils suffisent à peine à survivre », a assuré à son tour une autre habitante, Uri Erisa Tuki Teave, estimant que le tourisme conditionne la survie économique de l’île.