Coup d’État au Soudan : Appels au dialogue et condamnations internationales

CONFLIT Après des semaines de tension entre les autorités de transition civiles et militaires, des hommes armés ont arrêté, ce lundi matin, des dirigeants soudanais à leur domicile

20 Minutes avec AFP
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Des violences ont éclaté entre civils et militaires à Khartoum, au Soudan, le 25 octobre 2021.
Des violences ont éclaté entre civils et militaires à Khartoum, au Soudan, le 25 octobre 2021. — AFP

Des appels pressants au dialogue entre civils et militaires et une volée de condamnations internationales ont été lancés, ce lundi, après le coup d'Etat en cours au Soudan avec l'arrestation par l'armée des dirigeants civils, qui suscite une vive inquiétude dans le monde.

L’émissaire de l’ONU au Soudan, Volker Perthes, s’est dit « très inquiet des informations sur un coup d’Etat », ajoutant : « J’appelle les forces armées à relâcher immédiatement les personnes retenues », des arrestations « inacceptables ».

Un accord de transition depuis 2019

La Ligue arabe a exhorté au dialogue, faisant part de sa « profonde préoccupation » et appelant « toutes les parties à respecter » l’accord de partage du pouvoir de transition établi en 2019 après le renversement de l'autocrate Omar el-Béchir, dans un communiqué citant son secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, « a appris avec une profonde consternation la grave évolution de la situation au Soudan », selon un communiqué de l’organisation panafricaine. Il appelle à « la reprise immédiate des consultations entre civils et militaires ». Les Etats-Unis, dont l’émissaire pour la Corne de l’Afrique était, la veille encore, dans le bureau du Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, aujourd’hui en détention, se sont dits « profondément inquiets », prévenant que « tout changement du gouvernement de transition mettait en danger l’aide américaine ».

« Remettre la transition soudanaise sur les rails »

Les annonces d’une prise de pouvoir par les militaires vont « à l’encontre de la déclaration constitutionnelle [qui régit la transition dans le pays] et des aspirations démocratiques du peuple soudanais », a tweeté l’émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman. La Commission européenne a, de son côté, appelé à la « libération rapide » des dirigeants civils du gouvernement du Soudan et à « ce que les moyens de communication ne soient pas entravés pour permettre de joindre ceux qui en ont besoin ».

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a, lui, appelé la communauté internationale « à remettre la transition soudanaise sur les rails ». Jugeant « atterrantes » les informations venant de Khartoum, l’Allemagne a « clairement condamné » la tentative de coup d’Etat qui « doit cesser immédiatement » pour permettre la poursuite d’une « transition politique pacifique vers la démocratie », selon un communiqué du ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, appelant au « dialogue » entre responsables politiques.