Etats-Unis : Les Républicains accusés par Barack Obama de menacer la démocratie

ELECTION LOCALE L’ancien président est venu soutenir le candidat démocrate au poste de gouverneur de Virginie. Un vote important pour Biden qui négocie un plan massif d’investissements avec le Congrès

20 Minutes avec AFP
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Barack Obama lors de son discours à Richmond, le 23 octobre 2021.
Barack Obama lors de son discours à Richmond, le 23 octobre 2021. — Steve Helber/AP/SIPA

La charge est violente surtout venant d’un ancien président des Etats-Unis. Barack Obama a accusé samedi les Républicains de menacer la démocratie avant une élection locale particulièrement serrée, vue comme un test national sur la popularité de Joe Biden au moment où il négocie âprement un plan massif d’investissements avec le Congrès.

L’ancien locataire de la Maison-Blanche s’était déplacé à Richmond, dans le sud conservateur de l’Etat, pour soutenir le démocrate Terry McAuliffe, 64 ans, candidat au poste de gouverneur de Virginie. Ce soutien était nécessaire pour celui qui est au coude-à-coude avec le républicain pro-Trump Glenn Youngkin, 54 ans, à l’approche du scrutin du 2 novembre.

Le candidat et sa « laine polaire »

Devant quelques centaines de jeunes militants enthousiastes, Barack Obama a affirmé que Glenn Yougkin supprimerait des postes d’enseignants, qu’il réduirait l’accès à l’avortement et qu’il apporterait son soutien aux affirmations de Donald Trump qui prétend que l’élection présidentielle lui a été volée. « A ma connaissance, le principal message de l’adversaire de Terry est qu’il est un type comme tout le monde parce qu’il porte une laine polaire. Et il accuse les écoles de laver le cerveau de nos enfants ». « Il a aussi dit qu’il voulait faire vérifier les machines à voter utilisées lors du dernier scrutin. (…) Et nous sommes supposés croire qu’il va défendre notre démocratie ? », a interrogé Obama.

Joe Biden a remporté la Virginie avec 10 points d’avance en 2020, mais l’avance de Terry McAuliffe dans les sondages a fondu au fil des semaines, et elle atteint désormais la marge d’erreur. Obama, qui reste le démocrate le plus populaire aux Etats-Unis, voulait galvaniser les électeurs afro-américains, un électorat clé de cet Etat du sud.

« Nous n’avons pas le droit d’être fatigués »

Reconnaissant comprendre pourquoi on peut être « fatigué » de la politique, il a rappelé avoir rencontré lors de sa première campagne présidentielle qui l’a porté à la Maison-Blanche en 2008 une électrice afro-américaine de 106 ans qui s’était mobilisée pour lui. « Et je me suis dit, si elle n’est pas fatiguée, je n’ai pas le droit d’être fatigué ». « Si John Lewis (figure de la lutte pour les droits civiques décédé en 2020) n’était pas fatigué, nous n’avons pas le droit d’être fatigués », a-t-il martelé sous les applaudissements.

Avant Obama, la Première dame Jill Biden, la vice-présidente Kamala Harris et l’une des étoiles montantes du parti démocrate, Stacey Abrams, se sont déplacées en Virginie pour faire campagne pour Terry McAuliffe. Le président américain lui-même y est attendu la semaine prochaine. Une victoire du démocrate donnerait de l’élan au programme d’investissements massifs que l’aile gauche du parti démocrate cherche à faire passer au Congrès. Un échec pourrait par contre inciter à davantage de prudence l’aile modérée du parti qui hésite encore à approuver quelque 3.000 milliards de dollars de dépenses.