Le Russe Gazprom pourrait couper le gaz à la Moldavie si un contrat n'est pas signé

ENERGIE La Moldavie a déclaré l’état d’urgence pour tenter de trouver des fournisseurs de gaz moins chers

Benjamin Chapon
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Installations du géant pétrolier russe Gazprom,  à Cap Kamenny dans le nord de la Russie, le 18 février 2015
Installations du géant pétrolier russe Gazprom, à Cap Kamenny dans le nord de la Russie, le 18 février 2015 — ANDREY GOLOVANOV AFP

Le géant russe Gazprom pourrait interrompre ses livraisons de gaz à la Moldavie si ce pays ne paie pas ses précédentes livraisons ou ne signe pas un contrat à partir de décembre, a déclaré l’un de ses représentants, cité par les agences russes.

La Moldavie a déclaré l’état d’urgence pour 30 jours vendredi dans le but de garantir à cet ex-pays soviétique du gaz naturel moins cher en provenance d’Europe après que Moscou, son fournisseur traditionnel, a augmenté les prix.

Un nouveau contrat pour Noël ?

Sergei Kupriyanov, porte-parole de Gazprom, a déclaré que Chisinau devait 709 millions de dollars (610 millions d’euros) à la société. Le contrat de la Moldavie avec Gazprom a expiré en septembre, mais Sergei Kupriyanov a indiqué que les deux parties avaient pu « se rencontrer à mi-chemin » et prolonger le contrat pour octobre.

« Si le paiement des fournitures de gaz n’est pas intégralement effectué et qu’un contrat n’est pas signé à partir de décembre, alors Gazprom interrompra les livraisons de gaz à la Moldavie », a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse Interfax.

Des prix « non justifiés et non réalistes »

Ce pays de 2,6 millions d’habitants, situé entre la Roumanie et l’Ukraine, s’approvisionne en gaz auprès de la Russie via sa région séparatiste pro-russe de Transnistrie et l’Ukraine.

Gazprom avait augmenté les prix de 550 dollars par millier de mètres cubes le mois dernier à 790 dollars ce mois-ci, un niveau que le vice-premier ministre Andrei Spinu a qualifié de « non justifié et non réaliste » pour le pays le plus pauvre d’Europe.

Malgré la prolongation du contrat, le Premier ministre moldave Natalia Gavrilita a déclaré vendredi que le pays recevait un tiers de gaz naturel en moins que d’habitude pour le mois d’octobre. « Nous sommes confrontés à une situation critique », a-t-elle déploré. Elle a annoncé au Parlement que la Moldavie chercherait à s’approvisionner auprès des pays de l’UE, remerciant la Roumanie et l’Ukraine d’avoir déjà fourni du gaz.

Les pénuries de gaz en Moldavie surviennent dans un contexte de flambée des prix du gaz en Europe que certains pays ont imputée à Moscou, qui n’a pas fourni d’approvisionnements supplémentaires pour faire pression sur le continent.