La Russie détaille son plan de militarisation de l'Arctique

DEFENSE Le Kremlin veut étendre sa surveillance sur la zone polaire et exploiter ses ressources naturelles...

MD (Avec agence)

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Une image satellite de l'océan Arctique.
Une image satellite de l'océan Arctique. — DR

Une base du FSB (ex-KGB) en Arctique... Ce n'est pas le scénario du prochain James Bond, mais une information très sérieuse, publiée sur le site du Conseil de sécurité russe. D'ici à 2020, le Kremlin entend renforcer la surveillance d’une partie du territoire arctique et exploiter ses ressources. Mais la région, riche en hydrocarbures, est convoitée par plusieurs pays.
 
«Le Pôle nord devient un point chaud»

L'information n'est pas nouvelle, cette stratégie russe pour l'Arctique a été approuvée par le président russe Dmitri Medvedev le 18 septembre 2008, mais elle n'a été détaillée sur le site Internet du Conseil de sécurité russe que très récemment. «Il est nécessaire de créer des unités militaires (...) dans la zone arctique de la Fédération de Russie afin d'y assurer la sécurité militaire», explique le document, ajoutant que la «surveillance des côtes» sera confiée «au Service fédéral de sécurité», anciennement appelé KGB.
 
«Le Pôle nord devient un point chaud», notait d'ailleurs dans son édition de vendredi le quotidien russe Kommersant. Mais cette interprétation a été rejetée par le Conseil de sécurité dans une note explicative transmise vendredi après-midi à l'AFP. «Il n'est pas question de militariser l'Arctique», assure le communiqué, soulignant que la stratégie définie vise à «défendre les intérêts nationaux» de la Russie.
 
Une base stratégique d'ici à 2020

Le but de Moscou est d'«utiliser la zone arctique (...) en tant que base stratégique de ressources» naturelles, pour assurer notamment «les besoins (de la Russie) en hydrocarbures, en ressources biologiques, en eau et d'autres sortes de matières premières stratégiques», explique par ailleurs le document.
 
Pour mettre en œuvre sa stratégie, la Russie se fixe un calendrier en trois étapes. La première, de 2008 à 2010, doit déterminer «les frontières de la Russie dans l'Arctique au moyen d'études géologiques et géographiques». La seconde, de 2011 à 2015, doit conduire à la reconnaissance internationale des frontières dans l'Arctique. Enfin, la troisième étape, de 2016 à 2020, doit faire de l'Arctique «la base stratégique des ressources» naturelles de la Russie.
 
Moscou demande une extension de sa zone économique en Arctique, affirmant que la dorsale de Lomonossov, une chaîne de montagnes sous-marine, est une extension de son plateau continental. Une ambition qui concurrence celles des autres nations arctiques: les Etats-Unis, le Canada, le Danemark et la Norvège. La Russie a fait pendant l'été 2007 une action spectaculaire en plantant son drapeau par quelque 4.000 mètres de profondeur sous le Pôle nord pour étayer ses revendications.