Coronavirus au Brésil : Des sénateurs veulent inculper Bolsonaro pour dix crimes et sa mauvaise gestion de l’épidémie

EPIDEMIE Parmi les chefs d’accusation retenus liés à la gestion de l’épidémie de Covid-19, on trouve « crime contre l’humanité », « incitation au crime » ou « charlatanisme »

20 Minutes avec AFP
— 
Jair Bolsonaro nie les accusations en bloc.
Jair Bolsonaro nie les accusations en bloc. — EVARISTO SA / AFP

Les mots sont très durs. Dans le rapport dévoilé par la commission d’enquête parlementaire au Brésil sur la gestion de l’épidémie de Covid-19, le président Jair Bolsonaro est sévèrement mis en cause. Rien d’étonnant, puisque la commission a été lancée par un groupe d’opposants, mais aussi parce que la responsabilité de Bolsonaro, qui avait qualifié la maladie de « grippette », est réelle.

Le pays est le deuxième le plus endeuillé au monde avec plus de 600.000 morts. Face à ce désastre, les sénateurs ont donc retenu la qualification de « crime contre l’humanité » pour pointer l’inaction du chef d’Etat d’extrême droite. Ils estiment que Bolsonaro a « délibérément exposé » les Brésiliens à une « contamination de masse » par le Covid-19.

La CPI a notamment dénoncé le « retard délibéré » dans l’acquisition de vaccins, le gouvernement Bolsonaro ayant préféré promouvoir des « traitements précoces » inefficaces comme l’ hydroxychloroquine contre le virus, avec des « conséquences tragiques » pour la population. L’enquête porte aussi sur les responsabilités du gouvernement dans la grave pénurie d’oxygène qui a causé la mort de dizaines de patients par asphyxie à Manaus.

Des poursuites peu probables

Outre le « crime contre l’humanité », qui pourra être jugé à la Cour Pénale Internationale de La Haye, le rapporteur Renan Calheiros a retenu neuf chefs d’accusation allant du « charlatanisme » à l'« incitation au crime » en passant par les « infractions aux mesures sanitaires » et la « prévarication ».

Jair Bolsonaro s’est immédiatement défendu en chargeant la CPI et se dit « coupable d’absolument rien ». « Nous savons que nous avons fait ce qu’il fallait dès le début », a-t-il insisté, au cours d’une cérémonie officielle. Une inculpation reste peu probable compte tenu des soutiens du président au Parquet et à l’Assemblée.