Fusillade de Parkland : Le tireur du lycée se dit « vraiment désolé » et plaide coupable des 17 meurtres

PROCES Cette fusillade en Floride en 2018 fut l’un des pires massacres commis en milieu scolaire aux Etats-Unis

M.F avec AFP
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Nikolas Cruz, le tireur de la fusillade du lycéd de Parkland aux Etats-Unis lors de son procès.
Nikolas Cruz, le tireur de la fusillade du lycéd de Parkland aux Etats-Unis lors de son procès. — Amy Beth Bennett/AP/SIPA

« Je suis vraiment désolé de ce que j’ai fait », s’est excusé auprès des familles des victimes, l'auteur de la fusillade du lycée de Parkland en Floride en 2018. « J’en porte le poids chaque jour », a ajouté Nikolas Cruz, 23 ans, qui en avait 19 le jour des faits. Le jour de la Saint-Valentin, en 2018, il avait ouvert le feu avec un fusil semi-automatique AR-15 dans le lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, dont il avait été exclu l’année précédente pour « raisons disciplinaires ». Un drame qui avait choqué l’opinion publique américaine et au-delà des frontières du pays.

Encourant la peine capitale, l’accusé à l’allure juvénile, corps voûté et tête baissée, a plaidé coupable des 17 meurtres d’une voix peu assurée, dans une salle d’audience bondée. « Cela me fait faire des cauchemars, j’ai du mal à vivre avec moi-même parfois », a-t-il poursuivi, le regard fixé vers le sol. « Si on devait me donner une seconde chance, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour aider les autres », a plaidé Nikolas Cruz, flottant dans une chemise bleue et portant de larges lunettes.

« C’est à vous de décider si je vis ou je meurs »

S’adressant aux familles des victimes, il a déclaré : « Je crois que c’est à vous de décider où je vais, si je vis ou je meurs, pas au jury ». Certains proches des 17 personnes tuées par Nikolas Cruz étaient dans la salle, et ont écouté, les yeux embués de larmes, le glaçant récit des événements fait par le procureur. Il devra maintenant être présenté devant un jury pour que sa peine soit fixée. Les procureurs ont confirmé qu’ils demanderaient la peine de mort.

Cette fusillade était le pire massacre commis en milieu scolaire aux Etats-Unis depuis la tuerie de l’école Sandy Hook, à Newtown dans le Connecticut, lors de laquelle 26 personnes avaient péri.

« Que commence aujourd’hui mon massacre »

Malgré ses antécédents psychiatriques, Nikolas Cruz, alors âgé de 19 ans, avait pu acheter légalement un fusil d’assaut. Comme d’autres auteurs de tueries aux Etats-Unis, Nikolas Cruz avait précédé ses crimes de l’enregistrement d’une vidéo. « Que commence aujourd’hui mon massacre. Que tous les enfants effrayés courent se cacher. Face à la colère de mon pouvoir, ils vont apprendre qui je suis », disait-il. « Je ne suis rien, je ne suis personne, ma vie est néant et n’a aucun sens », ajoutait-il, précisant qu’il se rendrait un peu plus tard dans son ancienne école en véhicule Uber armé d’un fusil AR-15.

Le drame de Parkland avait suscité une immense émotion, et une mobilisation historique avait été menée par plusieurs jeunes survivants du lycée Marjory Stoneman Douglas et par les parents de victimes. Elle avait culminé le 24 mars 2018 quand la « Marche pour nos vies » avait rassemblé 1,5 million de personnes à travers le pays, la plus grande manifestation nationale pour un meilleur encadrement des armes à feu de toute l’histoire des Etats-Unis, faisant entrevoir à certains la possibilité d’une évolution législative.

Il n’en a rien été, et les ventes d’armes à feu ont au contraire augmenté ces dernières années aux Etats-Unis, notamment durant la pandémie de Covid-19. Les fusillades à nombreuses victimes restent un fléau dans le pays, mais les blocages au Congrès, sous l’influence du lobby des armes, rendent improbable toute avancée majeure sur le sujet.