Vatican : Alors que l’Eglise est secouée par le rapport Sauvé, le pape reçoit ce lundi Jean Castex

RELIGION La rencontre, prévue pour célébrer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques, ne pourra pas faire l’impasse sur les scandales de pédocriminalité

20 Minutes avec AFP
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Le pape François, lors d'une messe au Vatican le 17 octobre 2021.
Le pape François, lors d'une messe au Vatican le 17 octobre 2021. — Alessandra Tarantino/AP/SIPA

C’est une rencontre prévue de longue date mais qui finalement tombe dans un contexte particulièrement houleux pour l’Eglise de France, confrontée aux révélations fracassantes sur les abus sexuels et à une polémique autour du « secret de la confession ». Avant de rencontrer son homologue italien, Mario Draghi, Jean Castex sera reçu ce lundi matin au Vatican par le pape François.

La visite du Premier ministre était prévue pour célébrer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Mais elle est bousculée par l’actualité après la publication le 5 octobre des conclusions de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), présidée par le haut fonctionnaire Jean-Marc Sauvé.

Si Jean Castex, reçu en audience privée par le souverain pontife, devrait, selon son entourage, évoquer plusieurs sujets sur lesquels France et Vatican convergent (accès aux vaccins pour tous, changement climatique, Liban…), il sera impossible d’occulter l’ampleur des chiffres du rapport : 216.000 mineurs agressés par un prêtre ou un religieux en France depuis les années 1950, 330.000 en comptant les agresseurs laïcs en lien avec les institutions de l’Eglise. D’autant que, depuis son élection en 2013, le pape a fait de la lutte contre les abus sexuels – « instrument de Satan » – une des priorités de son pontificat.

La « honte » et la « douleur » de François

François a d’ailleurs déjà exprimé sa « honte » et sa « douleur » à la suite du rapport Sauvé, et Jean Castex suivra « de très près les décisions que vont prendre les évêques dans les prochaines semaines », selon ses conseillers.

Mais le débat s’est aussi noué autour du secret de la confession, que le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Emmanuel de Moulins-Beaufort, avait jugé « supérieur aux lois de la République », avant de rétropédaler et d’évoquer une « formulation maladroite ». Sur ce point, Jean Castex, qui rencontrera au cours de la matinée à Rome plusieurs dignitaires du Saint-Siège ainsi que des représentants de la communauté ecclésiastique française, devrait circonscrire le débat aux frontières nationales, en rappelant que « l’interlocuteur du gouvernement, c’est l’Eglise de France ».

Le « en même temps » du Vatican

Une façon de ne pas brusquer le Vatican qui lui-même marche sur des œufs : d’un côté, un formulaire de signalement de délit a été mis à disposition de tout ecclésiastique en juillet 2020 ; de l’autre, le Saint-Siège a confirmé la primauté du secret de la confession, le confesseur étant simplement encouragé à « tenter de convaincre le pénitent » d’alerter des personnes en mesure, elles, de saisir la justice.