Massacre du 17 octobre 1961 : L’Algérie veut un traitement de l’Histoire loin de « la pensée colonialiste »

MEMOIRE Le président algérien a décrété que tous les 17 octobre, à compter de ce dimanche, l’Algérie observera une minute de silence en mémoire des victimes de la tragédie de 1961

20 Minutes avec AFP
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Lors des commémorations à Paris en 2011 du massacre d'Algériens le 17 octobre 1961 (illustration).
Lors des commémorations à Paris en 2011 du massacre d'Algériens le 17 octobre 1961 (illustration). — SEVGI

Tout comme la France, l’Algérie commémore ce week-end les 60 ans du massacre d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ainsi prôné samedi une approche « loin de la prédominance de la pensée colonialiste » dans le traitement des dossiers historiques avec la France.

Ce soir-là, alors que la guerre d’Algérie (1954-1962) durait depuis sept ans, 30.000 Algériens venus manifester pacifiquement à Paris subirent une violente répression, faisant plusieurs dizaines de morts, selon les historiens, plus de 200 selon certains d’entre eux.

« Je réaffirme notre souci ferme de traiter les dossiers de l’Histoire et de la mémoire, sans complaisances, ni compromissions et avec le sens aigu des responsabilités (…) loin des engouements et de la prédominance de la pensée colonialiste arrogante de lobbies incapables de s’affranchir de leur extrémisme chronique », a expliqué Abdelmadjid Tebboune dans une déclaration publiée sur le site de la présidence algérienne. Il a également estimé que la répression meurtrière du 17 octobre 1961 « révèle l’horreur des massacres abjects et des crimes contre l’humanité qui resteront gravés dans la mémoire collective ».

Des relations diplomatiques très tendues

Le président algérien avait décrété quelques heures plus tôt que tous les 17 octobre désormais, et à compter de ce dimanche, l’Algérie devra observer une minute de silence en mémoire des victimes de cette tragédie. « Qu’il soit clair pour tous que le vaillant peuple algérien, fier des racines séculaires de sa Nation, avance dignement à pas sûrs, déterminé et uni plus que jamais, sur la voie de l’édification d’une Algérie souveraine », a-t-il ajouté.

Les relations entre Paris et Alger sont très tendues sur de multiples dossiers dont la question mémorielle et le dossier de l’immigration. Début octobre, Alger a décidé le rappel « immédiat » de son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar-Daoud, après des propos du président Emmanuel Macron rapportés par le journal français Le Monde qui accusait le système « politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » en servant à son peuple une « histoire officielle » qui « ne s’appuie pas sur des vérités ».