Etats-Unis : La justice américaine inculpe un ancien pilote de Boeing pour avoir fourni de fausses informations sur le 737 MAX

AVIATION Le pilote, qui risque cent ans de prison, est accusé d’avoir faussé le processus de certification de l’avion dont deux appareils se sont écrasés faisant 346 morts

20 Minutes avec AFP
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Une partie du système de contrôle des commandes de vol du Boeing 737 MAX était défectueuse et avait causé deux accidents meurtriers.
Une partie du système de contrôle des commandes de vol du Boeing 737 MAX était défectueuse et avait causé deux accidents meurtriers. — Jason Redmond / AFP

C’est une enquête sur l’un des plus graves incidents de l’histoire de l’aviation qui se joue. Mark Forkner, 49 ans, a été inculpé par la justice américaine pour son rôle dans deux crashs meurtriers. L’ancien pilote de Boeing aurait induit en erreur le régulateur de l’aviation aux Etats-Unis (FAA) au cours du processus de certification du 737 MAX, en fournissant des informations fausses ou incomplètes sur le MCAS, un logiciel censé empêcher l’avion de partir en piqué.

La FAA n’avait donc pas exigé de formation des pilotes au MCAS et homologué le 737 MAX en mars 2017. En octobre 2018, un appareil de la compagnie Lion Air s’écrase en mer peu après son décollage, tuant les 189 personnes à bord. Quelques mois plus tard, c’est un avion de la compagnie Ethiopian Airlines qui se crashait, faisant 157 morts. Tous les 737 MAX avaient été cloués au sol dans la foulée, en mars 2019.

Lors des deux incidents, le MCAS s’était emballé sur la base d’informations erronées transmises par une des deux sondes de l’appareil. C’est seulement en octobre 2018, après le premier crash, que la FAA a eu connaissance « de détails clés » sur le logiciel.

« En gros, ça veut dire que j’ai menti aux régulateurs »

L’enquête a alors pu avancer à la suite de la reconnaissance en janvier de Boeing d’une manipulation des autorités. Le géant de l’aéronautique a accepté le versement de 2,5 milliards de dollars pour solder certaines poursuites et donné le nom de deux employés responsables. Dont Mark Forkner, premier individu poursuivi personnellement au pénal dans cette affaire.

Selon les documents de l’accusation, l’ancien pilote avait découvert en 2016 un important changement effectué sur le MCAS. Dans un message à un collègue révélé en 2019, il avait notamment indiqué que le logiciel rendait l’avion difficile à piloter en simulateur. Mais il avait délibérément décidé de ne pas en faire mention à la FAA. « En gros, ça veut dire que j’ai menti aux régulateurs », se vantait alors Mark Forkner à son collègue. Il risque théoriquement jusqu’à 100 ans de prison.