Norvège : Cinq personnes tuées et deux blessées par un homme armé d’un arc, l'attaque semble être « un acte terroriste »

ATTENTAT La police a interpellé un suspect, mercredi soir, et estimait jeudi que l’attaque semblait être un « acte terroriste »

20 Minutes avec AFP
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Des policiers déployés à Kongsberg, en Norvège, après une attaque par un homme armé d'un arc qui a fait plusieurs morts, le 13 octobre 2021.
Des policiers déployés à Kongsberg, en Norvège, après une attaque par un homme armé d'un arc qui a fait plusieurs morts, le 13 octobre 2021. — Hakon Mosvold Larsen/AP/SIPA

La Norvège secouée par un acte de violence barbare. Cinq personnes ont été tuées et deux autres blessées par un homme armé d’un arc et de flèches mercredi soir, à Kongsberg, près d’Oslo, a annoncé la police. Le bilan officiel, d’abord incertain, a été communiqué à 23h30.

« Les événements à Kongsberg [ville du sud-est de la Norvège] ont les apparences d’un acte terroriste à ce stade, mais l’enquête (…) tirera davantage au clair ce qui les a motivés », ont indiqué les services de sécurité norvégiens (le PST) dans un communiqué. « L’homme arrêté n’a pas été entendu et il est trop tôt pour se prononcer sur ses mobiles », avait déclaré plus tôt un responsable de la police locale, Øyvind Aas, lors d’un point de presse. Dans la nuit, la police a précisé que le suspect, arrêté et inculpé, est un ressortissant danois de 37 ans qui vivait à Kongsberg.

Flèche plantée dans un mur

Selon la chaîne TV2, l’homme avait aussi un couteau et/ou plusieurs autres armes. Les blessés ont été hospitalisés. L’incident s’est produit peu avant 18h30 dans le centre-ville de Kongsberg, à 80 km à l’ouest d’Oslo. Sur Twitter, la police locale a indiqué qu’un homme avait été observé, armé d’un arc et de flèches, et qu’il en avait fait usage en ciblant des personnes. Une photo montre notamment une flèche plantée dans un bâtiment.

Le public a été appelé à rester chez soi. Plusieurs quartiers ont été bouclés, les images de télévision montrant un important déploiement de forces de police en armes et d’ambulances. Un hélicoptère et une équipe de démineurs ont aussi été envoyés sur place. Les services de renseignement intérieur (PST) ont été alertés.

« J’ai entendu des cris d’enfants »

Le drame s’est joué dans plusieurs endroits de la ville : un supermarché devant lequel la police montait la garde jeudi. Les cinq victimes sont quatre femmes et un homme âgés de 50 à 70 ans, mais que la police refuse encore d’identifier.

« J’ai entendu des cris d’enfants, des aboiements puis des bruits d’hélicoptère tournoyant autour de chez moi », confie Terje Kristiansen, un témoin. « J’ai vu un de mes amis s’abriter derrière une voiture et soudain j’ai entendu comme un claquement. J’ai été archer et j’ai reconnu le bruit d’un arc et le cliquetis d’une flèche qui atteint la chaussée, raconte un autre témoin de la scène. Après ça, j’ai vu un homme extirpant un enfant d’une voiture et courant vers ma maison. »

Le spectre de Breivik

Dans le passé, la Norvège, nation traditionnellement paisible, a été la cible d’attaques d’extrême droite. Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik avait tué 77 personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, avant d’ouvrir le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l’île d’Utøya.

En août 2019, Philip Manshaus avait aussi tiré dans une mosquée des environs d’Oslo, avant d’être maîtrisé par des fidèles, sans faire de blessé grave. Il avait auparavant abattu par racisme sa demi-sœur adoptive d’origine asiatique. Plusieurs projets d’attentats islamistes ont par ailleurs été déjoués.