Etats-Unis : Célébration de Christophe Colomb ou des peuples indigènes, l'Amérique déchirée par un jour férié

POLEMIQUE Lundi marquait la première observation fédérale de la journée des peuple indigènes

P.B.
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Une danse amérindienne lors des célébrations du «Indigenous Peoples' Day», le 11 octobre 2021 à Philadlephie.
Une danse amérindienne lors des célébrations du «Indigenous Peoples' Day», le 11 octobre 2021 à Philadlephie. — Matt Rourke/AP/SIPA

« Columbus day » ou « Indigenous Peoples' Day », il faut choisir. Pour la première fois aux Etats-Unis, le second lundi d’octobre, un jour férié fédéral qui célébrait traditionnellement l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique, a également été observé comme une journée des peuples indigènes.

Saluée par les Amérindiens, qui voient en Christophe Colomb le symbole du colonialisme blanc, la décision de l’administration Biden a fait des vagues chez les conservateurs, qui dénoncent un nouvel exemple « woke » de la « cancel culture ».

« Colonialisme et génocide »

Si le jour des peuples indigènes remonte aux années 1990, Joe Biden est le premier président américain à le reconnaître au niveau fédéral. Techniquement, la Maison Blanche n’a pas annulé « Colombus day ». La proclamation de Joe Biden reconnaît les deux jours fériés. Les Etats et les municipalités sont libres d’observer l’un, l’autre ou les deux. Une douzaine d’Etats, dont l’Alaska, le Nouveau-Mexique et Oregon, notamment, ont mis Christophe Colomb au placard, et une dizaine d’autres célèbrent les deux jours fériés.

« La Nation navajo a depuis longtemps été opposée au Columbus Day qui célèbre le colonialisme, l’oppression et l’injustice infligée aux peuples indigènes. Christophe Colomb est crédité par certains pour avoir 'découvert' l’Amérique, mais ces terres étaient habitées par de nombreux peuples avec des cultures avancées. Pendant des générations, les communautés indigènes ont combattu pour survivre face à la colonisation, à l’assimilation, aux maladies et au génocide », ont déclaré des représentants du territoire amérindien semi-autonome.

« Effacer notre histoire »

Ces dernières années, les Etats-Unis ont entrepris un examen de conscience. Le débat sur les pages sombres de l’histoire américaine a notamment conduit au retrait de nombreuses statues de généraux confédérés. L’an dernier, des statues de Christophe Colomb avaient également été retirées à Chicago, Boston et San Francisco, et une déboulonnée par des manifestants à Baltimore. Dans un discours, Donald Trump avait alors dénoncé une « tentative pour effacer notre histoire », qualifiant Christophe Colomb de « découvreur de l’Amérique ».

Lundi, le polémiste Ben Shapiro a salué un « héros national ». « Aujourd’hui est Columbus day, personne ne pourra réécrire l’histoire », a assuré la sénatrice du Tennessee, Marsha Blackburn. Lou Barletta, un candidat républicain au poste de gouverneur de Pennsylvanie, enfin, a dénoncé « une tentative pour effacer notre histoire italienne », concluant : « Je refuse de céder face à la meute woke de la cancel culture. »