Migrants : Londres va prochainement donner l’argent promis à la France pour lutter contre le trafic entre les deux pays

TENSIONS Le sujet était devenu une source de tension, alors que la France dit « tenir la frontière » pour le Royaume-Uni

20 Minutes avec AFP
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Des migrants irakiens, iraniens et afghans sauvés en mer par les autorités françaises.
Des migrants irakiens, iraniens et afghans sauvés en mer par les autorités françaises. — BERNARD BARRON / AFP

Le gouvernement britannique a déclaré ce lundi qu’il donnerait à la France « dans les prochaines semaines » l’argent promis pour lutter contre le trafic de migrants depuis les côtes françaises, un sujet source de tensions entre les deux pays. Interrogé par la BBC, le secrétaire d’Etat chargé de l’Intérieur britannique, Damian Hinds, a déclaré que c’était un « processus administratif » plutôt qu’une « question politique » qui avait retardé l’obtention de l’argent par la France.

Lors d’un déplacement samedi à Loon-Plage, dans le Nord, le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin avait demandé au gouvernement britannique d’honorer son engagement de payer à la France 62,7 millions d’euros en 2021-2022 pour financer le renforcement des forces de l’ordre françaises sur les côtes. « Nous appelons les Anglais à tenir leur promesse de financement puisque nous tenons la frontière pour eux », avait-il déclaré. Gérald Darmanin a aussi demandé que soit négocié un traité migratoire entre l  UE et le Royaume-Uni.

1.115 migrants interceptés ou secourus en 48h

Depuis fin 2018, les traversées illégales de la Manche par des migrants cherchant à gagner le Royaume-Uni se multiplient malgré les mises en garde répétées des autorités qui soulignent le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la basse température de l’eau. La semaine dernière, 1.115 migrants ont été ainsi secourus ou interceptés par les autorités britanniques en 48 heures.

Le gouvernement britannique a commencé à faire adopter un projet de loi controversé qui réforme le système d’asile et prévoit de durcir les sanctions, en portant à la prison à vie, contre 14 ans actuellement, la peine maximale encourue par les passeurs.