Alger exige de Paris le « respect total de l’Etat algérien »

DIPLOMATIE Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a réagi dimanche, pour la première fois publiquement, aux propos d'Emmanuel Macron accusant le système « politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » sur la guerre d’Algérie

20 Minutes avec AFP
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Abdelmadjid Tebboune, le président algérien (archives).
Abdelmadjid Tebboune, le président algérien (archives). — FAROUK BATICHE / PPAGENCY/SIPA

Un éventuel retour de l'ambassadeur d'Algérie en France, rappelé au début du mois à Alger après des propos critiques du président Emmanuel Macron, est « conditionné au respect total de l’Etat algérien » par Paris, a déclaré dimanche le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.

« On oublie qu’elle a été un jour une colonie française (…) L’histoire ne doit pas être falsifiée », a déclaré Abdelmadjid Tebboune à des médias algériens, dans sa première déclaration publique en réaction aux récents propos d’Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron joue l’apaisement

Dans un article du quotidien Le Monde paru samedi 2 octobre, qui relate un échange entre le président français et des descendants de protagonistes de la guerre d’Algérie, le président français estime que, après son indépendance en 1962, l’Algérie s’est construite sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire ». Selon Le Monde, il évoque aussi « une histoire officielle totalement réécrite » qui « ne s’appuie pas sur des vérités », mais sur « un discours qui repose sur une haine de la France ».

Depuis, Emmanuel Macron a joué l'apaisement. « J’ai le plus grand respect pour le peuple algérien », déclarait-il notamment sur France Inter, le 5 octobre.