Taïwan ne cèdera pas aux pressions de la Chine, affirme sa présidente

MENACE La présidente de Taïwan s’exprimait pour la fête nationale de l’île rebelle

20 Minutes avec AFP
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La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen.
La présidente taïwanaise Tsai Ing-wen. — Chiang Ying-ying/AP/SIPA

Taïwan ne cédera pas aux pressions de la Chine et défendra son système démocratique, a assuré ce dimanche la présidente Tsai Ing-wen. Les 23 millions d’habitants de Taïwan vivent sous la menace constante d’une invasion de la Chine, qui considère ce territoire comme une de ses provinces. Pékin menace de recourir à la force au cas où l’île proclamerait formellement son indépendance. « Plus nous réalisons de choses, plus la pression exercée par la Chine est forte », a déclaré Tsai Ing-wen dans un discours prononcé à l’occasion de la fête nationale de Taïwan.

« Personne ne peut forcer Taïwan à emprunter la voie que la Chine a tracé pour nous », a soutenu la présidente, affirmant que l’île est « en première ligne pour défendre la démocratie ». « Nous espérons un assouplissement des (…) relations [avec Pékin] et n’agirons pas de manière irréfléchie, mais il ne faut absolument pas imaginer que le peuple taïwanais cédera aux pressions », a-t-elle ajouté. Taïwan, qui jouit d’un système démocratique, est dirigée par un pouvoir qui lui est propre depuis la victoire des communistes sur le continent en 1949.

Regain de tension depuis l’arrivée au pouvoir de Xi

Depuis l’arrivée au pouvoir du président chinois Xi Jinping, les tensions sont à leur plus haut niveau depuis quatre décennies. Toute communication officielle avec Taipei a été rompue depuis l’élection en 2016 de Tsai Ing-wen, Pékin intensifiant la pression économique, diplomatique et militaire sur le territoire. Récemment, les avions militaires chinois ont multiplié les incursions dans la zone d’identification de défense aérienne (Adiz) de l’île. Un record de 150 appareils militaires chinois, dont des bombardiers H-6 à capacité nucléaire, ont fait des incursions dans l’Adiz dans les jours précédant et suivant le 1er octobre, date de le fête nationale en Chine.

Samedi, Xi Jinping a promis de « réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques », affirmant que c’est « dans l’intérêt général de la nation chinoise, y compris des compatriotes de Taïwan ». S’il s’est dit en faveur d’une « réunification pacifique », ces propos interviennent après des mois de menaces militaires croissantes, notamment des incursions aériennes et d’importantes manœuvres militaires destinées à simuler une invasion. Depuis le début de l’année, plus de 600 avions des forces aériennes chinoises ont été détectés dans l’Adiz de Taïwan. En 2020, 380 avions avaient été détectés.

Les Taïwanais et Taïwanaises très défavorables à un rattachement à Pékin

Tsai Ing-wen est honnie par Pékin, car elle considère Taïwan comme un pays « déjà indépendant », et rejette le principe d'« une seule Chine ». Elle n’a cependant rien fait pour proclamer officiellement l’indépendance de l’île, ce qui, aux yeux de Pékin, est la « ligne rouge » à ne pas franchir. Elle a proposé des pourparlers avec Pékin, qui les a rejetés. La présidente a réitéré ce dimanche son appel à un dialogue « d’égal à égal » avec la Chine et s’est dite favorable au maintien du statu quo actuel entre les deux voisins. Elle a toutefois averti que tout ce qui pourrait arriver à Taïwan aurait des conséquences régionales et mondiales majeures.

Les sondages montrent que la grande majorité des Taïwanais et Taïwanaises n’ont aucune envie d’être dirigés par Pékin. La mainmise grandissante de Pékin sur le territoire de Hong Kong qui, pour Pékin, est un modèle de la façon dont la Chine entend gouverner Taïwan, ne rassure pas les habitants sur le fait que leur mode de vie resterait inchangé sous le régime du parti communiste.