Migrants : Bruxelles incite la Grèce et la Croatie à enquêter après un reportage sur des refoulements violents

IMMIGRATION Une enquête de plusieurs médias européens met en évidence une stratégie de refoulements violents de migrants en Grèce, en Croatie et en Roumanie qui inquiète Bruxelles

20 Minutes avec AFP
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La gestion des migrants par certaines unité de la police grecque est mise en cause dans cette enquête.
La gestion des migrants par certaines unité de la police grecque est mise en cause dans cette enquête. — Louisa GOULIAMAKI / AFP

L’affaire pourrait provoquer beaucoup de remous dans les pays concernés, mais aussi au niveau européen. Des enquêtes parues mercredi dans plusieurs médias, dont le magazine allemand Spiegel et le quotidien français Libération, documentent une stratégie de renvoi des migrants orchestrée par des « unités spéciales » de police, soutenues en partie par des fonds de l' UE, en Croatie, Grèce et Roumanie. Les journalistes s’appuient notamment sur des enregistrements vidéo.

La commissaire aux Affaires intérieures de l’Union européenne Ylva Johansson, qui s’était dite « extrêmement inquiète », s’est entretenue ce jeudi soir avec les ministres grec et croate de l’Intérieur. « Nous devons protéger nos frontières extérieures mais nous devons aussi protéger nos valeurs », assure-t-elle.

La responsable suédoise s’est réjouie de la décision des autorités croates, annoncée dès ce jeudi, d’ouvrir « une vaste enquête » pour établir les faits. « Le ministre était choqué », a-t-elle dit. « La Croatie a pris la bonne décision, prend les choses au sérieux, fait une enquête pour déterminer ce qui s’est réellement passé, et j’attends de la Grèce qu’elle fasse la même chose », a-t-elle dit, épinglant la « différence » entre les réactions des deux pays.

La Grèce sur la défensive

Le ministre grec des Migrations Notis Mitarachi avait ce jeudi « catégoriquement démenti les allégations de refoulements » et refusé de « présenter des excuses pour l’engagement continu » de la Grèce à « démanteler les réseaux de trafic humain et à protéger les frontières de l’Europe ». Il a aussi estimé que le nouveau pacte migratoire actuellement en négociations entre les Vingt-Sept doit « être plus offensif sur la question de la solidarité » entre les Etats membres, afin que « le fardeau » soit réparti « de façon égale » entre les pays de premières arrivées et les autres.

Très véhément, il enjoint l’Union européenne à « faire davantage pour appliquer l’accord » entre Bruxelles et Ankara qui prévoit que la Turquie reprenne les migrants déboutés du droit d’asile, en échange d’un soutien financier européen. A son arrivée à une réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE à Luxembourg, Notis Mitarachi a néanmoins assuré « que bien évidemment la Grèce va enquêter sur ces allégations ».