Les travaillistes virent à droite

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Le congrès du Parti travailliste israélien, profondément divisé, s'est réuni hier pour voter un accord prévoyant son ralliement au cabinet de droite de Benyamin Netanyahou, chef du parti Likoud. La motion a été adoptée par une nette majorité de 680 voix pour 507 délégués s'y opposant, soit près de 15 % de différence parmi les votants du congrès à l'issue d'une réunion extraordinaire à Tel-Aviv.

Le chef du parti travailliste, Ehoud Barak, a, lui, défendu l'alliance avec le Likoud. Ministre sortant de la Défense, il est appelé à conserver son poste dans le cabinet Netanyahou. « Je n'ai pas peur de Benyamin Netanyahou, nous ne serons pas son cache-sexe. Nous serons un contrepoids qui fera en sorte que le cabinet ne sera pas (exclusivement) de droite », a déclaré Barak dans une allocution accueillie par des acclamations et des huées. Réagissant à l'accord, le négociateur palestinien, Saëb Erakat, a affirmé que tout le gouvernement israélien « doit s'engager à oeuvrer pour une solution basée sur deux Etats pour être un partenaire dans de futures négociations » de paix. Netanyahu dispose déjà de la majorité absolue à la Knesset (Parlement) grâce à l'appui des formations religieuses et d'extrême droite, mais préfère un gouvernement élargi incluant au moins les travaillistes. Il doit former son gouvernement d'ici au 3 avril. ■