Prix du gaz : Vladimir Poutine accuse les Européens d’être à l’origine de la flambée des tarifs

ATTAQUE En Europe comme aux Etats-Unis certains accusent Moscou de ne pas ouvrir suffisamment les robinets

M.F avec AFP
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Vladimir Poutine préside une réunion sur le développement du secteur de l'énergie mercredi 6 octobre 2021 alors qu'une crise du gaz sans précédent touche l'Europe.
Vladimir Poutine préside une réunion sur le développement du secteur de l'énergie mercredi 6 octobre 2021 alors qu'une crise du gaz sans précédent touche l'Europe. — Alexei Druzhinin/TASS/Sipa USA/SIPA

Les tarifs du gaz s’envolent sur les marchés européens ce mercredi et chacun se renvoie la balle pour trouver les coupables. Pour Vladimir Poutine, la faute incombe à l’Europe qui n’aurait pas conclu suffisamment de contrats de livraison à long terme avec Moscou, favorisant ainsi la flambée record des prix. « Toute leur politique était de sortir des contrats à long terme et cette politique s’est avérée erronée », a déclaré le président russe lors d’une réunion avec les responsables du secteur énergétique russe, « ils ont fait des erreurs ».

« En conséquence, le prix du gaz a désormais battu tous les records historiques : aujourd’hui, il approche les 2.000 dollars par mille mètres cubes, soit plus de dix fois plus que le prix moyen de l’année dernière », a ajouté le président russe.

Un manque d’anticipation des Européens ?

L’Europe, dont environ un tiers des besoins en gaz sont couverts par Moscou, affirme depuis des années son intention de diversifier ses sources d’approvisionnement, sans grand effet. Selon Vladimir Poutine, les Européens auraient commencé à se reposer davantage sur les achats de gaz au comptant (c’est-à-dire des paiements au jour le jour au prix coûtant) plutôt que sur des achats au long terme, les liant à Moscou pendant plusieurs années. Or, aujourd’hui, les ventes au comptant ne sont pas au rendez-vous.

En référence à ces ventes d’appoint utilisées pour compléter les contrats longs, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré plus tôt qu’elles n’avaient « pas pu combler le manque existant », indiquant que la Russie était « prête à parler de nouveaux contrats à long terme ».

Moscou accusé de chantage

Le prix du gaz a battu de nouveaux records mercredi, s’envolant de 25 % sur les marchés européens face à une demande qui ne cesse d’augmenter avant l’hiver, couplée à une offre contrainte et des stocks réduits. Certains en Europe comme aux Etats-Unis accusent Moscou de ne pas ouvrir suffisamment les robinets afin d’obtenir la mise en service au plus vite de son gazoduc controversé vers l’Allemagne, Nord Stream 2, achevé et dont le remplissage a commencé.

En attendant, Gazprom affirme que sa production de gaz en 2021 devrait dépasser les 510 milliards de mètres cubes, un niveau jamais vu depuis une décennie, rappelle l’agence russe RIA. Selon cette dernière, Vitali Markelov, vice-président du conseil d’administration, aurait indiqué en marge d’un forum gazier à Saint-Pétersbourg mercredi que le groupe s’attendait à un hiver « froid » et « bon pour Gazprom ». L’envolée des prix risque de frapper le consommateur européen au portefeuille.