Coronavirus en Chine : Pékin aurait acheté deux fois plus de tests PCR en 2019 qu’en 2018

ENQUETE Cette hausse des dépenses intervient alors qu’officiellement les premiers cas de Covid-19 n’ont été décelés qu’en novembre 2019

R. G.-V.
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Une décontamination à Wuhan, l'épicentre de la pandémie.
Une décontamination à Wuhan, l'épicentre de la pandémie. — STR / AFP

La Chine a-t-elle menti sur le vrai début de l’épidémie de Covid-19 à Wuhan ? Cette question a été posée de nombreuses fois depuis bientôt deux ans sans qu’on puisse vraiment donner de réponse définitive. Une nouvelle étude australienne donne un nouvel élément de réponse d’après le journal britannique The Independant : les laboratoires de la ville de Wuhan ont presque doublé leurs acquisitions de réactifs pour les tests PCR en 2019 par rapport à 2018. Or, les tout premiers cas du nouveau coronavirus ont été décelés officiellement en novembre 2019.

The Independant cite le rapport d’Internet 2.0, une société australienne de cybersécurité qui a compilé les dépenses chinoises en réactifs pour tests PCR : 36,7 millions de yuans en 2018 mais une explosion à 67,7 millions de yuans en 2019. Internet 2.0 estime cette augmentation « notable, significative et anormale » notamment en provenance d’institutions situées à Wuhan : l’épicentre de l’épidémie de Covid-19.

Une coïncidence ?

Les résultats de cette étude font dire à The Independant que l’épidémie a peut-être commencé dès l’été 2019. Et pas seulement à bas bruits puisque le gouvernement chinois aurait donc pris rapidement ses dispositions pour réaliser des tests. Cette conclusion a été contestée par le ministère des Affaires étrangères chinois.

L’hypothèse de la coïncidence n’est néanmoins pas totalement à exclure. Le journal britannique interroge Amesh Adalja, chercheur principal au centre Johns-Hopkins, une référence dans le suivi de la pandémie, qui ne juge pas si surprenant cette augmentation des achats de réactifs pour tests PCR, « puisque c’est devenu une méthode de choix pour la détection de pathogènes » en tous genres, même avant la pandémie de Covid-19.