Allemagne : Verts et libéraux vont négocier avec les sociaux-démocrates pour former un gouvernement

COALITION Désormais, le social-démocrate Olaf Scholz tient la corde pour devenir le prochain chancelier allemand, mais l’affaire n’est pas faite

R. G.-V. avec AFP
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La cheffe de file des Verts, Annalena Baerbock, en blanc, devant le chef des libéraux, Chistian Lindner.
La cheffe de file des Verts, Annalena Baerbock, en blanc, devant le chef des libéraux, Chistian Lindner. — JOHN MACDOUGALL / AFP

Les sociaux-démocrates du SPD, arrivés en tête des élections allemandes, les Verts et les libéraux du FDP mèneront jeudi des discussions préliminaires en vue de former une coalition, a annoncé mercredi le FDP. « Je viens de proposer à M. (Olaf) Scholz (le chef de file du SPD), en accord avec les Verts, de nous rencontrer demain pour une discussion entre nous trois, et cela aura lieu », a annoncé le président du FDP, Christian Lindner, lors d’une conférence de presse.

Plus tôt dans la matinée, les Verts allemands avaient déjà annoncé vouloir former une coalition avec le SPD et le FDP. « Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il est désormais logique de continuer à discuter avec le SPD et le FDP, avec une recherche plus approfondie d’un terrain d’entente », a expliqué lors d’une conférence de presse la co-présidente des écologistes, Annalena Baerbock.

« Le biscuit est cependant loin d’être mangé »

Verts et FDP, les deux partis faiseurs de chancelier après les élections du 26 septembre, semblent ainsi pencher pour une coalition avec les sociaux-démocrates et non les chrétiens-démocrates de la CDU-CSU, arrivés deuxièmes aux élections. « Les discussions de ces dernières semaines ont montré que les plus grandes intersections en termes de contenu sont concevables dans ce schéma (avec le SPD et le FDP), notamment dans le domaine de la politique sociale », a de son côté expliqué l’autre co-président des Verts, Robert Habeck. « Le biscuit est cependant loin d’être mangé » et l’accord n’est pas ficelé, a-t-il toutefois tempéré.

« Pour nous, une coalition ''jamaïcaine'' (avec les chrétiens-démocrates) reste une option viable en termes de contenu », a en effet expliqué Christian Lindner. Mais les conservateurs, tombés à un niveau historiquement bas aux élections, sont affaiblis comme jamais et une majorité d’Allemands, selon les sondages, souhaite qu’ils fassent une cure d’opposition. Dans ce contexte, les libéraux du FDP ont accepté la proposition des Verts de mener des discussions en priorité avec les sociaux-démocrates.

Une coalition à trois partis serait une première en Allemagne depuis 1950. La CDU-CSU, menée par l’impopulaire Armin Laschet, n’a officiellement pas renoncé à tenter de former une coalition « jamaïcaine ». Ses dirigeants se sont entretenus avec les libéraux dimanche, puis les Verts mardi, pour tenter de les convaincre de bâtir cet attelage, le seul à même de leur permettre de conserver la chancellerie après seize années d’ère Merkel. Leurs échanges avec les écologistes ont fuité mardi soir dans la presse, ce qui a ulcéré les écologistes. « La confiance signifie aussi que tout n’est pas publié dans les journaux » immédiatement, a fait valoir Annalena Baerbock.