Crise des sous-marins : A Paris, Blinken fait avancer la réconciliation entre la France et les Etats-Unis

DIPLOMATIE Le secrétaire d’Etat américain a été reçu par Emmanuel Macron pour préparer les « décisions concrètes » que le président français et Joe Biden annonceront fin octobre

20 Minutes avec AFP
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Rencontre entre le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son homologue américain Antony Blinken, à Paris le 5 octobre 2021.
Rencontre entre le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son homologue américain Antony Blinken, à Paris le 5 octobre 2021. — EPN/Newscom/SIPA

Une ambiance studieuse mais sans effusions : Emmanuel Macron et Antony Blinken ont fait un nouveau pas mardi vers une relance du partenariat entre les Etats-Unis et la France après une crise diplomatique inédite, qui laisse toutefois encore des traces. Le secrétaire d’Etat américain a été reçu à Paris par le président français pour préparer les « décisions concrètes » que ce dernier et Joe Biden annonceront fin octobre afin de sceller définitivement la réconciliation.

Le « long tête-à-tête », qui n’était initialement pas à l’agenda, doit « contribuer à restaurer la confiance » après la crise des sous-marins, a déclaré la présidence française. Surtout, une source diplomatique française a assuré que les Américains prenaient au sérieux l’ire de leur allié de longue date, et ne tentaient pas juste de faire de la « câlinothérapie ».

Encore « beaucoup de travail difficile »

Selon un haut responsable américain, qui a salué un entretien « positif » et « productif », il y a un « commun accord que nous avons une opportunité à présent d’approfondir et renforcer la coordination » notamment en matière de défense. « Mais beaucoup de travail difficile reste à faire pour identifier les décisions concrètes » qui seront soumises aux deux présidents en vue de leur propre rencontre prévue fin octobre en Europe.

Le coup de froid a éclaté le 15 septembre, quand le président des Etats-Unis a annoncé une nouvelle alliance avec l’Australie et le Royaume-Uni dans la région Indo-Pacifique, baptisé AUKUS. Selon le haut responsable américain, l’ambiance mardi était « sérieuse », et les conversations n’ont plus porté sur les récriminations françaises au sujet de cette alliance.

Un accueil moins chaleureux

Les retrouvailles parisiennes ont néanmoins été marquées par un accueil moins chaleureux que par le passé. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a certes reçu longuement son homologue en tête-à-tête au Quai d’Orsay avant la rencontre formelle, mais il ne s’est affiché qu’a minima avec lui, sans conférence de presse commune. Et pour montrer que la France n’est pas isolée, le ministre a multiplié lundi et mardi les échanges avec ses homologues européens.

A Paris comme à Washington mais aussi à Bruxelles, on fait mine désormais de vouloir sortir de cette crise par le haut, en clarifiant la relation transatlantique. La France voit ainsi « un chemin possible pour approfondir les coopérations » et espère obtenir des Etats-Unis un « soutien » plus appuyé au projet cher à Emmanuel Macron de défense européenne complémentaire de l’Otan, dit-on de source diplomatique française. Ce dernier veut aussi que le statut de « puissance indo-pacifique » de la France soit reconnu, dans un cadre qui reste à définir.

Enfin, les autorités françaises souhaitent « un renforcement de l’appui américain aux opérations antiterroristes conduites par les Etats européens au Sahel », selon la même source. Des propositions en ce sens ont d’ailleurs été faites aux Américains.