Pandora Papers : Le Royaume-Uni est le « plus grand réseau mondial de paradis fiscaux », dénonce une ONG

ACCUSATIONS Après les révélations des Pandora Papers, le Royaume-Uni se retrouve sous le feu des critiques, accusé d’avoir une grande part de responsabilité dans cette évasion fiscale massive

M.F avec AFP
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Le Royaume-Uni a demandé il y a deux ans davantage de transparence à ses territoires d'outre-mer et aux dépendances de la Couronne britannique (qui comptent aussi les Bermudes (Sur la photo), Jersey, Guernesey ou l'Ile de Man).
Le Royaume-Uni a demandé il y a deux ans davantage de transparence à ses territoires d'outre-mer et aux dépendances de la Couronne britannique (qui comptent aussi les Bermudes (Sur la photo), Jersey, Guernesey ou l'Ile de Man). — ROSSI GUIDO/SIPA

Dimanche, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a publié une enquête révélant les évasions fiscales de près de 336 dirigeants et responsables politiques de premier plan. Appelée Pandora Papers en référence à la boîte de Pandore, le rapport accuse ces personnalités d’avoir créé près de 1.000 sociétés offshore, dont plus des deux tiers aux Iles Vierges britanniques.

« Les Iles Vierges se sont spécialisées dans l’enregistrement rapide et pas cher de sociétés, assure le directeur de l’ONG britannique Tax Justice Network, Alex Cobham. Londres demande à ses territoires d’Outre-Mer (de publier des registres publics de bénéficiaires) quand il pourrait tout simplement légiférer. Alors ces territoires savent que ce n’est pas sérieux, ils disent "on le fera en 2023 ou quand tous les autres pays l’auront fait" ».

Le gouvernement traîne des pieds, selon l’ONG

Pour l’ONG, le gouvernement britannique traîne des pieds sur la transparence fiscale de ses territoires d’outre-mer et aux dépendances de la Couronne britannique (qui comptent aussi les Bermudes, Jersey, Guernesey ou l’Ile de Man). « Le principal acteur (du réseau d’évasion fiscale mondial) est le Royaume-Uni et son réseau de territoires d’outre-mer », lance le directeur, qui invite les décideurs politiques de l’Union européenne à surveiller de près le gouvernement britannique à l’heure du Brexit.

« Il y a un vrai danger que le Royaume-Uni, à l’heure du Brexit, retourne vers le vieux modèle post-colonial de juridictions fiscales avec la City au centre », conclut-il.