Affaire Pegasus : La société israélienne NSO appelle à une régulation internationale du secteur des technologies d'espionnage

ESPIONNAGE La société israélienne s'était retrouvée cet été au cœur du scandale Pegasus, du nom de son logiciel qui aurait servi à espionner des journalistes, politiciens ou militants de différents pays

20 Minutes avec AFP
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Le logiciel permet d'accéder à distance aux messages mais aussi d'activer le micro du téléphone.
Le logiciel permet d'accéder à distance aux messages mais aussi d'activer le micro du téléphone. — JOEL SAGET / AFP

La société israélienne NSO, qui commercialise le logiciel d' espionnage Pegasus au cœur d’un scandale cet été, appelle à une régulation internationale du secteur pour éviter les atteintes aux libertés et aux droits, selon un courrier aux Nations unies obtenu par l’AFP. « Nous soutenons fortement la création d’un cadre légal et de standards applicables à tout le secteur, ainsi que des recommandations pour mieux déterminer les utilisateurs finaux légitimes de ces systèmes cruciaux », selon le courrier adressé par le président du groupe, Asher Levy, à différents responsables de l' ONU. NSO propose ainsi de mettre autour de la table toutes les parties prenantes, des défenseurs des libertés individuelles aux fournisseurs de service « cloud ».

L’entreprise réaffirme la légitimité de l’existence de son logiciel Pegasus, qu’elle présente comme sans égal pour permettre aux gouvernements de lutter contre les réseaux criminels et les groupes terroristes. « Comment les autorités peuvent-elles arrêter des pédophiles et empêcher des attaques terroristes sans ce genre d’outils ? C’est impossible », a déclaré à l’AFP une source proche de l’entreprise. Le logiciel Pegasus permet, une fois installé dans un téléphone mobile, d’espionner l’utilisateur de l’appareil, accédant à ses messageries, ses données, ou activant l’appareil à distance à des fins de captation de son ou d’image.

Pas derrière chaque client

Dans sa lettre, NSO défend une nouvelle fois sa position quant au scandale qui l’avait visé après une enquête publiée à partir du 18 juillet par un consortium de 17 médias internationaux, révélant que Pegasus aurait permis d’espionner les numéros de journalistes, politiciens, militants ou chefs d’entreprises de différents pays. « Nous fournissons le logiciel, nous n’exploitons pas le système », a résumé une source proche de l’entreprise à l’AFP. « Le nombre de cibles supposées, ou possibles, n’est pas plausible compte tenu du nombre de licences réellement vendues par NSO », selon le courrier.

Le groupe dit suivre des règles très strictes avant d’octroyer à ses clients le droit d’utiliser son logiciel, et avoir également mis en place des procédures sévères en cas de mauvaise utilisation de son logiciel. Ces règles ont déjà été utilisées pour écarter des clients potentiels de NSO qui a renoncé à « des centaines de millions de dollars », selon une autre source proche du groupe. Mais il est impossible de surveiller chaque client de NSO pour vérifier qui ils ciblent. D’où ce besoin d’une régulation du secteur…