Coronavirus au Royaume-Uni : Boris Johnson veut « reconstruire en mieux » après la pandémie

MONDE D'APRES Le premier ministre britannique est toujours aux prises avec de nombreuses pénuries de biens de consommation courante liées à la pandémie et au Brexit

20 Minutes avec AFP
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Boris Johnson, le premier ministre conservateur britannique.
Boris Johnson, le premier ministre conservateur britannique. — James Veysey/Shutterstock/SIPA

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dit samedi sa détermination à « reconstruire en mieux » après la pandémie, malgré une crise des approvisionnements au Royaume-Uni exacerbée par la sortie du pays de l’Union européenne. « Nous n’avons pas enduré le Covid pour revenir à la situation qui prévalait avant », a déclaré le dirigeant avant le début, dimanche, de la conférence annuelle de son Parti conservateur à Manchester (Nord-Ouest de l’Angleterre).

Soulignant que son gouvernement avait tenu sa promesse de campagne en réalisant le Brexit et qu’il avait vacciné massivement contre le Covid-19, il a assuré vouloir prendre des « décisions audacieuses » pour répondre aux priorités des Britanniques, comme l’emploi, la sécurité et le changement climatique. « Tout ceci montre que nous tenons parole, et il est maintenant temps d’aller plus loin, non seulement pour se remettre mais aussi reconstruire en mieux », a-t-il ajouté.

Première conférence en présentiel depuis deux ans

Prévue de ce dimanche à mercredi, la grande conférence annuelle des tories, la première en présentiel depuis deux ans en raison du coronavirus, représente une occasion pour le dirigeant conservateur de s’exprimer devant ses troupes. Son discours est prévu mercredi. Arrivé au pouvoir en juillet 2019, vainqueur des élections générales organisées quelques mois plus tard sur la promesse de « réaliser le Brexit », Boris Johnson, 57 ans, doit à présent convaincre les Britanniques des bienfaits de la sortie de l’Union européenne qu’il a tant vantés.

Car pour l’heure, ses effets ne semblent qu’aggraver certaines conséquences de la pandémie, notamment quant à la difficulté à trouver des chauffeurs routiers – jusqu’à 100.000 manquent au Royaume-Uni – pour approvisionner rayonnages des supermarchés et cuves de stations-service. Le gouvernement n’a de cesse de répéter que cette situation est liée à la reprise sur les chapeaux de roues de l’économie mondiale après la pandémie et à une demande exceptionnelle causée par des achats de panique dans les stations d’essence.

Les conservateurs toujours en tête dans les sondages

Pour tenter de remédier au manque de chauffeurs routiers et de personnel dans les élevages de volailles, et face à la menace de rayons vides à Noël, il a assoupli temporairement sa politique d’immigration pour accorder jusqu’à 10.500 visas de travail provisoires. Dès lundi, environ 200 militaires seront aussi déployés pour approvisionner les stations-service, devant lesquelles de longues files d’attente se forment depuis deux semaines.

En marge de la visite d’un hôpital à Manchester samedi, Boris Johnson n’a pas exclu de délivrer davantage de visas de travail temporaires, tout en prévenant le secteur du transport routier qu’il ne pouvait plus se reposer principalement sur des chauffeurs immigrés « à bas salaire ». Malgré ces difficultés, les conservateurs (39 %) continuent de devancer les travaillistes (35 %) dans les intentions de vote, selon un sondage Opinium Poll publié samedi soir. Quelque 59 % des sondés estiment toutefois que le Brexit se passe mal et 69 % pensent que le gouvernement a mal géré la crise des chauffeurs routiers.