Coronavirus aux Etats-Unis : Des entreprises affirment qu'« exiger le vaccin fonctionne »

SANTE Le gouvernement américain prévoit l’obligation vaccinale pour toutes sociétés de plus de 100 employés

20 Minutes avec agences
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Un vaccin contre le Covid-19 (illustration)
Un vaccin contre le Covid-19 (illustration) — SOPA Images/SIPA

Dans les airs ou dans les abattoirs, les entreprises américaines United Airlines et Tyson Foods ont imposé à leurs employés la vaccination contre le Covid-19. Cela fonctionne, assènent-elles, préparant ainsi le terrain à l’obligation vaccinale prévue par le gouvernement américain pour toutes sociétés de plus de 100 employés.

Chez United, où les salariés basés aux Etats-Unis avaient jusqu’à lundi pour apporter une preuve de vaccination, on parade : 99,5 % de ceux n’ayant pas demandé d’exemption médicale ou religieuse sont désormais vaccinés. Le patron de l’entreprise, Scott Kirby, en avait fait un cheval de bataille, évoquant dès janvier la possibilité d’imposer le vaccin à ses salariés. Il l’a concrétisée début août, donnant aux pilotes, agents de bord et au sol jusqu’au 27 septembre pour télécharger la preuve de leur vaccination. Faute de quoi ils seraient congédiés.

« Notre politique sur la vaccination prouve qu’exiger le vaccin fonctionne »

La compagnie se préparait mardi à licencier 593 personnes n’ayant pas communiqué leur statut vaccinal. Elle a vu ce chiffre tomber à 320 salariés jeudi après le téléchargement par certains retardataires des documents adéquats. Et le chiffre pourrait encore baisser au fur et à mesure que les salariés sont convoqués aux entretiens de licenciement, a avancé United. « Notre politique sur la vaccination continue de prouver qu’exiger (le vaccin) fonctionne », a commenté la compagnie.

Chez le géant de la viande Tyson Foods, qui avait vu ses activités fortement perturbées au début de la pandémie par l’apparition de foyers de contamination, tous les salariés doivent être vaccinés au 1er novembre. Ils étaient moins de la moitié à être inoculés quand cette nouvelle politique a été annoncée, début août. Un mois avant l’échéance, ils sont 91 % à avoir reçu au moins une dose du vaccin, a indiqué l’entreprise jeudi. D’autres groupes, comme la banque Morgan Stanley, le pétrolier Chevron ou le géant de la tech Microsoft ont imposé à tout ou partie de leurs équipes d’apporter la preuve qu’elles ont bien été vaccinées.

Mais il s’agit souvent d’employés de bureau ou devant voyager, pas de personnes travaillant sur les chaînes ou en contact direct avec les clients. Selon l’agence fédérale américaine en charge du respect des lois contre la discrimination au travail (EEOC), les employeurs ont le droit d’exiger de leurs salariés se rendant sur leur lieu de travail de se faire vacciner, avec des exceptions pour raisons médicales ou objection religieuse. Le président américain Joe Biden a signé début septembre un décret rendant la vaccination obligatoire pour les employés fédéraux, qui ont jusqu’au 22 novembre pour s’y conformer. Dans l’Etat de New York, où les soignants doivent depuis lundi être vaccinés sous peine de voir leurs salaires suspendus et de risquer d’être licenciés, c’était le cas pour 87 % d’entre eux mercredi.

Une exemption spéciale demandée pour les pilotes

A New York elle-même, où les enseignants ont théoriquement jusqu’à lundi pour se faire piquer, 91 % d’entre eux l’étaient déjà mardi. Joe Biden a aussi ordonné au ministère du Travail d’instaurer, dans les semaines à venir, l’obligation de se faire vacciner ou d’effectuer un test de dépistage hebdomadaire dans les entreprises de plus de 100 salariés. Les détails doivent encore être annoncés. Certains y sont déjà opposés, à l’instar des parlementaires républicains Claudia Tenney et Jim Banks qui ont déposé jeudi un projet de loi interdisant à l’administration d’établir de telles règles. Des employés ont engagé des procédures judiciaires dans plusieurs Etats américains.

Le syndicat représentant les 14.000 pilotes d’American Airlines a pour sa part demandé une exemption spéciale pour les pilotes, expliquant notamment que certains d’entre eux craignent que des effets secondaires du vaccin puissent mettre fin à leur carrière. Selon une enquête de l’organisme Conference Board publiée mardi, près des deux tiers des dirigeants de grandes entreprises interrogés soutiennent le projet du gouvernement mais plus de la moitié s’inquiètent de la façon dont ils pourront le mettre en œuvre.

« Le gouvernement doit procéder avec prudence compte tenu de l’intensité de l’opposition ressentie par un quart des chefs d’entreprise et des difficultés attendues sur la mise en œuvre », a relevé Lori Esposito Murray, du Conference Board. Si les directives ne sont pas claires et que l’objectif n’est pas atteint, a-t-elle prévenu, « cela pourrait conduire à des tensions sur le lieu de travail plutôt qu’une hausse du taux de vaccination ».