Le plan de relance de Tim Geithner accueilli avec optimisme

ETATS-UNIS Il pourrait atteindre 1.000 milliards de dollars. Mais les analystes restent sceptiques quant à l'engouement des investisseurs potentiels...

MD avec agence

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Le président américain Barack Obama a annoncé dimanche la nomination de trois sous-secrétaires adjoints au département du Trésor pour épauler le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner, confronté à une crise économique majeure.
Le président américain Barack Obama a annoncé dimanche la nomination de trois sous-secrétaires adjoints au département du Trésor pour épauler le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner, confronté à une crise économique majeure. — Paul J. Richards AFP/Archives

Critiqué avant même sa présentation, le plan de relance a, tout compte fait, été accueilli avec enthousiasme. Tim Geithner en a livré lundi les détails dans le «Wall Street Journal». Le plan a pour objectif de soulager les banques de leurs actifs douteux. Une étape clé de la relance du système financier pour laquelle le secrétaire au Trésor prévoit la création de deux mécanismes associant des investisseurs privés, l'un pour les prêts, l'autre pour des titres adossés à des actifs immobiliers.


500 milliards de dollars pour rassurer les marchés

Ce dispositif repose sur un partenariat entre pouvoirs publics et fonds d'investissement dont les grandes lignes avaient été exposées le mois dernier. Mais le fonctionnement avait semblé trop flou et trop complexe pour rassurer les marchés, qui l'avaient d'ailleurs accueilli par une forte baisse de la bourse.

Lundi, c'est à la bible des milieux d'affaires, le «Wall Street Journal», que Tim Geithner, fragilisé et visé par des appels à la démission, a livré sous forme de tribune la primeur de son plan. Comme il était acquis depuis plusieurs semaines, une structure à 500 milliards de dollars, pouvant atteindre à terme 1.000 milliards de dollars, sera créée pour racheter les actifs douteux qui engorgent le système financier. Pour le secrétaire américain au Trésor cette somme représente non pas la totalité mais «une part substantielle des actifs liés à l'immobilier engendrés avant la récession qui étouffent maintenant notre système financier», écrit-il.


Un système d'enchères pour les prêts

Des fonds d'investissement récupérant des actifs dans le cadre de ce programme obtiendront une aide gouvernementale sous forme de capital. L'administration espère ainsi séduire assez d'investisseurs. Tim Geithner a précisé dans le quotidien que Wall Street n'était pas seule à avoir vocation à s'impliquer, et que «tous types d'investisseurs» seraient bienvenus, y compris des fonds d'épargne retraite.

La Commission fédérale d'assurance des dépôts bancaires (FDIC), régulateur du système bancaire, conseillera les banques souhaitant se défaire de leurs créances à risque et apportera une garantie ainsi qu'une aide au financement aux investisseurs souhaitant les racheter. Les prêts en question seront ensuite vendus par un système d'enchères au plus offrant.

Les premiers fonds choisis d'ici au 1er mai

Pour les titres adossés à des actifs immobiliers, les investisseurs intéressés pourront bénéficier de la facilité d'aide au crédit à la consommation (TALF) récemment lancée par la Réserve fédérale américaine pour obtenir une bonne part du financement nécessaire à ces achats. Seuls les titres ayant bénéficié à l'origine de la meilleure note possible par les agences d'évaluation financières pourront bénéficier de ce mécanisme.

Pour le rachat et la gestion à long terme de ces titres, le Trésor va s'associer à des gestionnaires de fonds privés (jusqu'à cinq au total) et fournir à l'occasion de ce partenariat un financement supplémentaire. Les fonds intéressés ont jusqu'au 10 avril pour se faire connaître, le Trésor entendant faire un premier choix avant le 1er mai.

L'Etat prend des risques

Les marchés européens et asiatiques ont accueilli avec optimisme l'annonce. Tokyo a terminé en hausse de 3,39%, Hong Kong a clôturé en hausse de 4,78% et Shanghai de 1,24%. Quelques heures plus tard, en Europe, toutes les bourses ont, elles aussi, ouvert en hausse, mais de façon nettement plus modérée.

Certains analystes étaient toutefois prudents quant à l'efficacité du plan Geithner. Selon les économistes de la Société générale, le scandale des primes chez l'assureur AIG, renfloué par l'Etat, pourrait dissuader les investisseurs de miser sur ce nouveau sauvetage des banques. Le secrétaire au Trésor américain a reconnu que l'Etat «prenait des risques» avec son plan de rachat des actifs invendables, mais a estimé qu'on ne pouvait «résoudre une crise financière sans que l'Etat assume des risques».