Crise des sous-marins : Emmanuel Macron veut que les Européens se fassent « respecter » des Etats-Unis

DIPLOMATIE Le président de la République a appelé à réagir à propos des nouveaux choix stratégiques des Etats-Unis

M.F avec AFP
— 
Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé lors de la signature d'un nouvel accord de défense à l'Elysée le mardi 28 septembre 2021 à Paris.
Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé lors de la signature d'un nouvel accord de défense à l'Elysée le mardi 28 septembre 2021 à Paris. — Ludovic Marin/AP/SIPA

Emmanuel Macron a une fois de plus réagi à la perte par la France du contrat australien de sous-marins au profit des Etats-Unis. « Lorsque nous sommes sous l’effet de pressions de puissances qui parfois se durcissent, réagir, montrer que nous avons avec nous aussi la puissance et la capacité à nous défendre, ce n’est pas céder à l’escalade, c’est simplement nous faire respecter », a martelé le président Français lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre grec.

Il a appelé les Européens à « sortir de la naïveté » en « tirant les conséquences » des nouveaux choix stratégiques de Etats-Unis. « Les Etats-Unis d’Amérique sont des grands amis historiques et des alliés en termes de valeurs, mais nous sommes obligés de constater que depuis plus de dix ans, les Etats-Unis d’abord se concentrent sur eux-mêmes, et ont des intérêts stratégiques qui se réorientent vers la Chine et le Pacifique », a-t-il souligné. « C’est leur droit, c’est leur propre souveraineté. Mais nous serions là aussi naïfs, ou nous commettrions une terrible erreur, à ne pas vouloir en tirer toutes les conséquences pour nous-mêmes », a-t-il insisté, à l’occasion de la signature avec la Grèce d’un contrat de vente de trois frégates.

« Montrer que nous avons la capacité à nous défendre »

« C’est avec le même pragmatisme et la même lucidité que nous devons en tant qu’Européens prendre notre part de nos propres protections. Ce n’est pas une alternative à l’alliance avec les Etats-Unis, pas une substitution, c’est assumer ce pilier européen dans le cadre de l’Otan. » « Il nous est demandé d’assumer davantage notre propre protection, je pense que c’est légitime ; c’est donc à nous de le faire. »

L’annonce le 15 septembre d’un partenariat stratégique entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, qui s’est soldé par l’annulation d’un mégacontrat de sous-marins français à Canberra, a provoqué une crise diplomatique majeure entre la France et les Etats-Unis.