Nigeria : Au moins 20 pêcheurs tués lors d’un raid aérien contre des djihadistes

BOMBARDEMENTS Selon un membre des services de renseignement, dans ce « territoire ennemi, il n’y a aucun moyen de distinguer [les pêcheurs] des terroristes »

20 Minutes avec AFP
— 
Des militaires du Nigeria (illustration).
Des militaires du Nigeria (illustration). — Olamikan Gbemiga/AP

Les militaires du Nigeria sont-ils fautifs d’une terrible bavure ? Une vingtaine de pêcheurs au moins ont été tués dans un raid aérien de l’ armée nigériane visant un camp djihadiste dans le nord-est du pays, ont rapporté lundi des habitants et des sources militaires.

Un avion de chasse a bombardé dimanche matin Kwatar Daban Masara, un village bordant le lac Tchad, aux confins du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun, un bastion du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Kwatar Daban Masara, sur la rive du lac, est une « porte vers les camps de l’Iswap sur plusieurs îles », explique Labo Sani, un pêcheur du village, qui raconte avoir été témoin de la frappe dimanche à 06 heures du matin.

« Un territoire ennemi »

Le groupe djihadiste a récemment levé l’interdiction des pêcheurs sur ce territoire, les autorisant à exercer leur activité dans les eaux du lac contre une taxe, ramenant une population de pêcheurs qui avaient quitté la région. Mais, « tout pêcheur qui se rend dans cette zone le fait à ses risques et périls, car c’est un territoire ennemi et il n’y a aucun moyen de les distinguer des terroristes », explique un membre des services de renseignement.

« D’après nos informations, le bilan est bien plus élevé que 20 morts », ajoute cette source, assurant que la frappe aérienne était fondée sur « l’information crédible » d’un rassemblement de combattants de l’Iswap dans le village depuis mercredi. La surveillance aérienne et les rapports de terrain indiquaient qu’ils se rassemblaient, laissant penser qu’ils préparaient une attaque.

De nombreuses victimes civiles

« C’était une attaque préventive pour détruire tous les projets que les terroristes préparaient », assure une autre source militaire. « On ne s’attend pas à ce qu’un civil innocent soit à cet endroit et quiconque s’y trouve fait certainement partie des terroristes », poursuit-elle.

Ce n’est pas la première que l’armée est accusée de faire des victimes civiles lors de ses opérations. Une frappe aérienne sur un village de l’Etat voisin de Yobe avait déjà tué neuf civils le 16 septembre. L’armée de l’air avait alors expliqué que son avion de chasse poursuivait un groupe de djihadistes dans la zone.