Grèce : Athènes s’apprête à acheter des armes à la France

COOPERATION Le Premier ministre grec et le président français doivent préciser ce mardi les détails du « renforcement conséquent du partenariat stratégique » entre les deux pays

20 Minutes avec AFP
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La frégate Provence de la Marine nationale française (illustration).
La frégate Provence de la Marine nationale française (illustration). — Christophe Simon/AP

Malgré l’annulation d’un énorme contrat de sous-marins par l’Australie, l’industrie de défense française va pouvoir, un peu, retrouver le sourire. La Grèce et la France vont en effet accentuer leur coopération stratégique, a déclaré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lundi soir, quelques heures avant l’annonce à Paris d’un contrat militaire entre les deux pays.

« Nous nous dirigeons vers un renforcement conséquent du partenariat stratégique entre la Grèce et la France », a assuré le Premier ministre à la télévision publique ERT durant une visite dans la capitale française. « Il y aura des annonces demain (mardi) matin au palais de l’Elysée » avec le président français Emmanuel Macron. La présidence française a indiqué pour sa part que les deux hommes doivent tenir une conférence de presse ce mardi à 09h30.

Des frégates et des corvettes

Selon la presse grecque spécialisée, l’offre française présentée à Athènes porte sur trois frégates de défense et d’intervention (FDI, Belharra selon leur nom pour l’export) et trois corvettes de classe Gowind. Athènes avait lancé l’an passé un appel d’offres pour quatre frégates et la rénovation de ses frégates Hydra. La société française Naval Group y participe et est opposée à l’allemand TKMS, au néerlandais Damen, à l’italien Fincantieri et à l’américain Lockheed Martin. Plus tôt ce mois-ci, Kyriakos Mitsotakis avait déjà annoncé l’achat surprise de six chasseurs français Rafale, en plus d’un précédent contrat à 2,5 milliards d’euros, signé en janvier, pour 12 Rafale d’occasion et six neufs.

Le programme d’armement grec, en plein essor, vise à contrer les provocations turques dans l’est de la Méditerranée, contre lesquelles la France est un des rares pays de l’UE à avoir protesté publiquement ces derniers mois. En retour, Kyriakos Mitsotakis a soutenu l’appel d’Emmanuel Macron à créer une armée européenne. « La demande d’autonomie stratégique européenne est absolument essentielle », a-t-il défendu sur ERT. « L’Europe doit devenir capable d’agir de façon autonome », a jugé le Premier ministre grec, précisant que la Grèce et la France seraient « en première ligne » pour défendre cette initiative.