Allemagne : Très courte victoire du SPD, mais rien n’est joué pour la chancellerie

INCERTITUDES Selon les premiers résultats officiels provisoires diffusés ce lundi matin, le SPD a recueilli 25,7 % des suffrages, juste devant l’union conservatrice CDU-CSU avec 24,1 %

20 Minutes avec AFP
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Olaf Scholz vise pour le SPD la chancellerie, à Berlin le 26 septembre 2021.
Olaf Scholz vise pour le SPD la chancellerie, à Berlin le 26 septembre 2021. — Wolfgang Kumm/AP/SIPA

L’incertitude règne en Allemagne. Surtout, le désaveu est grand pour la politique d’ Angela Merkel. Le pays est en effet entré dimanche soir dans de difficiles tractations pour former le prochain gouvernement suite aux législatives. Aussi bien les sociaux-démocrates, vainqueurs d’une courte tête, que les conservateurs revendiquent la direction de la première économie européenne.

Selon les premiers résultats officiels provisoires diffusés lundi matin sur le site de la commission électorale, le centre-gauche du SPD et leur chef de file Olaf Scholz ont recueilli 25,7 % des suffrages, devançant de peu l’union conservatrice CDU-CSU d’Armin Laschet, qui accuse un score historiquement bas de 24,1 %. Jamais les conservateurs n’étaient tombés sous le seuil de 30 %. Il s’agit donc d’un cuisant revers pour le camp d’Angela Merkel au moment où elle doit prendre sa retraite politique.

« La partie de poker commence »

Au-delà, tout reste à faire dans le pays. Car en Allemagne ce ne sont pas les électeurs qui élisent directement le chancelier mais les députés. Et une majorité est cette fois particulièrement compliquée à constituer car elle doit réunir trois partis – du jamais-vu depuis les années 1950 – du fait d’un émiettement des suffrages. « La partie de poker commence », constate donc le magazine Der Spiegel. Car « après le vote, les questions essentielles restent ouvertes : qui sera chancelier ? Quelle coalition va gouverner le pays à l’avenir », pointe-t-il.

Pour les sociaux-démocrates, les choses sont claires : « Ce qui est certain, c’est que de nombreux citoyens » ont voté SPD car « ils veulent un changement de gouvernement et aussi parce qu’ils veulent que le prochain chancelier s’appelle Olaf Scholz », a déclaré cet homme de 63 ans. Le hic : son rival de centre-droit, malgré un résultat « décevant », n’est pas disposé à rejoindre les bancs de l’opposition : « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour construire un gouvernement dirigé par l’Union » CDU-CSU, a assuré le candidat chrétien-démocrate.

Objectif de tous : un gouvernement avant Noël

Aussi bien le SPD que le centre-droit ont dit viser une conclusion avant Noël. Y parviendront-ils ? Dans la configuration actuelle, plusieurs solutions sont possibles pour une majorité au Bundestag. Le SPD pourrait ainsi s’allier avec les Verts, arrivés troisième du scrutin avec 14,8 %, et les libéraux du FDP, un parti de droite qui a recueilli 11,5 %. Alternativement, ce sont les conservateurs qui pourraient gouverner avec les Verts et le FDP.

Selon un sondage de Yougov publié dans la nuit de dimanche à lundi, une majorité des électeurs favorise la première option. Et 43 % d’entre eux estiment qu’Olaf Scholz doit devenir le prochain chancelier de la première économie européenne. Tout dépendra donc du bon vouloir de deux petits partis, qualifiés lundi par le quotidien Bild de « faiseurs de roi ».