Rencontre entre le Premier ministre et le chef de l'opposition

PAKISTAN Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani a rencontré dimanche le principal chef de l'opposition Nawaz Sharif, pour tenter de trouver une solution politique à la récente crise qui a affaibli le gouvernement civil.

Avec agence

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Le Pakistan tentait dimanche de tourner la page de la récente crise qui a profondément ébranlé le gouvernement civil, avec un épilogue fort de symbole, le retour du président de la Cour suprême, et une amorce de dialogue entre pouvoir et opposition.
Le Pakistan tentait dimanche de tourner la page de la récente crise qui a profondément ébranlé le gouvernement civil, avec un épilogue fort de symbole, le retour du président de la Cour suprême, et une amorce de dialogue entre pouvoir et opposition. — AFP

Cette crise, née d'un vaste mouvement pour l'indépendance de la justice, a connu un premier épilogue avec le retour dans ses fonctions, dimanche, du président de la Cour suprême, le juge Iftikhar Chaudhry, réclamé depuis deux ans par les avocats et les partis d'opposition.

Mais ce mouvement a profondément déchiré la classe politique, en faisant émerger l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif comme un puissant dirigeant d'opposition, en affaiblissant le président Asif Ali Zardari et en ouvrant des failles au sein du régime civil au pouvoir depuis un an.

La réunion de dimanche à Raiwind, la résidence d'été de Nawaz Sharif près de Lahore, dans l'est du Pakistan, a pour but d'amorcer de nouvelles relations entre pouvoir et opposition, a déclaré Pervez Rashid, le porte-parole de la Ligue Musulmane du Pakistan (PML-N) de Nawaz Sharif, le premier parti d'opposition du pays.

L'entretien, a-t-il précisé, doit notamment porter sur un amendement à la Constitution introduit par le régime militaire de Pervez Musharraf, au pouvoir entre 1999 et 2008, qui élargissait les pouvoirs du chef de l'Etat en lui permettant en particulier de révoquer le gouvernement.

L'abolition de cet amendement est réclamée par l'opposition et le président Zardari lui-même s'était engagé à le supprimer, après son élection en septembre 2008.

Cette réunion est la première entre MM. Gilani et Sharif depuis qu'un verdict de la Cour suprême, rendu le 25 février, avait exclu ce dernier de la vie politique, lui interdisant de se présenter à des élections en raison d'anciennes condamnations pénales.

Nawaz Sharif, rival de longue date de M. Zardari, avait alors accusé le chef de l'Etat d'avoir manipulé le verdict et appelé au soulèvement populaire.