Allemagne : Le SPD et les Conservateurs se disputent la formation du prochain gouvernement

ELECTIONS Les chrétiens-démocrates subissent un revers sans précédent mais ne s'avouent pas vaincus

20 Minutes avec AFP
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Olaf Scholz, du SPD.
Olaf Scholz, du SPD. — Michael Kappeler/AP/SIPA

Les sociaux-démocrates d’Olaf Scholz et les conservateurs de la chancelière sont au coude-à-coude lors des élections législatives allemandes, selon de premiers sondages dimanche soir, qui ouvrent la voie à la fin de l’ère Merkel. « Nous avons le mandat pour former un gouvernement. [La tête de liste] Olaf Scholz va devenir chancelier », a estimé le secrétaire général du SPD, Lars Klingbeil. Mais les Conservateurs ne s'avouent pas vaincus. « Nous ferons tout notre possible pour former un gouvernement » a retorqué affirmé leur chef de file, Armin Laschet. 

L’union conservatrice CDU-CSU, menée par Amin Laschet, obtiendrait 25 %, comme les sociaux-démocrates, selon une enquête à la sortie des urnes pour la chaîne publique ARD. Le SPD devancerait de peu, avec 26 %, la CDU-CSU, à 24 %, selon un autre sondage pour la chaîne ZDF.

Revers historique

Quoi qu’il arrive, les chrétiens-démocrates subissent un revers sans précédent depuis 1949 avec au moins huit points de moins qu’en 2017, déjà un niveau historiquement bas pour les conservateurs. Pour la première fois en 72 ans, dans une Allemagne de plus en plus fragmentée, l’union conservatrice tombe sous la barre des 30 %.

Ce revers jette une ombre sur la fin de règne d’Angela Merkel, dont la popularité reste au zénith au terme de quatre mandats mais qui s’est avérée incapable de préparer sa succession. Les Verts et leur candidate Annalena Baerbock, un temps favoris du scrutin, manquent le coche avec, selon ces sondages, entre 14 et 15 %. Maigre motif de satisfaction : ils battent leur record de 2009, quand ils avaient obtenu 10,7 % des voix, et progressent de six points par rapport à 2017.

Vers une coalition à trois partis

Les libéraux du FDP, quatrième avec environ 12 %, apparaissent comme les « faiseurs de roi » incontournables pour bâtir une future coalition. L’extrême droite de l’AfD, dont l’entrée au Bundestag avait été le principal fait saillant du précédent scrutin de 2017, confirme son enracinement dans le paysage politique allemand. Mais avec entre 10 et 11 %, ce parti islamophobe miné par des conflits internes, est en léger recul par rapport il y a quatre ans (12,6 %).

Si la tendance se confirme, Olaf Scholz, vice-chancelier austère et ministre des Finances du gouvernement sortant, a ainsi des chances de succéder à Angela Merkel, chancelière depuis seize ans, et d’enclencher le « changement » promis en fin de campagne. Ce social-démocrate tendance centriste va cependant devoir bâtir une coalition à trois partis, une première dans l’histoire contemporaine allemande.

Les tractations risquent ainsi de durer plusieurs mois, au grand dam des partenaires de la première économie européenne, qui craignent une paralysie de l’UE jusqu’à début 2022. Les Verts, qui n’ont pas caché durant la campagne leur disponibilité pour entrer dans un gouvernement social-démocrate, devraient faire partie de l’attelage.

De longues tractations en perspective

L’identité de la troisième force d’appoint reste elle totalement incertaine. Les libéraux du FDP, clairement marqués à droite, sont un partenaire possible dans le cadre d’une coalition dite « feu tricolore ».

Autre partenaire possible, la gauche radicale de Die Linke, qui rassemble selon ces sondages, environ 5 %, n’est pas assurée de passer la barre des 5 % et d’ainsi sauver son groupe au Bundestag. Olaf Scholz s’est montré ouvert à des discussions avec ces deux formations en désaccord sur pratiquement tous les sujets. Les tractations risquent de durer plusieurs mois et retarder ainsi le départ effectif d’Angela Merkel, 67 ans dont plus de 30 passés en politique.