Allemagne : Les bureaux de votes sont ouverts pour des élections législatives à suspense

URNES Les électeurs et électrices allemandes doivent élire le parlement qui désignera le ou la successeur d’Angela Merkel

20 Minutes avec AFP
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Angela Merkel: après 16 ans et quatre mandats passés à la tête du pays, quel est le bilan de la chancelière ? — 20 Minutes

Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche matin en Allemagne pour des législatives à suspense où sociaux-démocrates et conservateurs se disputent la succession d’Angela Merkel qui va quitter la chancellerie après seize ans de pouvoir. Quelque 60,4 millions d’électeurs ont jusqu’à 18 heures pour élire leurs députés et environ 40 % se disaient encore indécis à quelques jours de ce vote crucial pour la première économie européenne. Les sociaux-démocrates de l’actuel ministre des Finances Olaf Scholz devancent légèrement, avec 25 %, les conservateurs d’Armin Laschet, crédités de 22 à 23 %, un score historiquement bas, selon d’ultimes sondages.

L’écart est cependant trop ténu entre le centre gauche et le centre-droit de la chancelière pour oser un pronostic. La publication des premières estimations à la sortie des urnes à 18 heures ne devrait pas forcément permettre d’y voir plus clair : nombre d’électeurs, dont Angela Merkel, ont en effet choisi le vote par correspondance, non pris en compte dans cette première photographie du scrutin. Le nom du futur chancelier et la composition de sa probable majorité risquent ainsi de pas être connus dès dimanche soir.

Pas de coalition évidente dès ce soir

De longues tractations seront quoi qu’il arrive nécessaires dans les prochains mois pour former le futur attelage au pouvoir, au risque d’entraîner une paralysie européenne jusqu’au premier trimestre 2022. Angela Merkel, qui s’apprête à se retirer de la vie politique, pourrait devoir rester aux commandes jusqu’à la fin de l’année pour expédier les affaires courantes. Après s’être tenue à l’écart des joutes électorales, la chancelière, qui va égaler avec seize années à la chancellerie son mentor Helmut Kohl, n’a pas ménagé ses efforts dans la dernière ligne droite.

L’engagement d’une chancelière dont la popularité reste au zénith suffira-t-il pour empêcher la victoire du SPD ? Rien n’est moins sûr. Longtemps englué à la troisième place des sondages, le SPD a effectué à partir de la mi-août une improbable remontada. Les erreurs de ses adversaires, conjuguées au quasi-sans-faute de son chef de file, de tendance centriste, ont permis de faire mentir les pronostics qui promettaient à l’un des plus vieux partis d’Europe une mort lente. Ancien maire de Hambourg, son candidat, bien que dénué de charisme, a mené une campagne sans accroc, n’hésitant pas à se poser, jusque dans la gestuelle, en véritable héritier d’Angela Merkel.

La CDU-CSU risque la catastrophe

Longtemps en tête des intentions de vote, les chrétiens-démocrates risquent eux de tomber pour la première fois depuis 1949 sous la barre symbolique des 30 %. Outre l’usure du pouvoir, l’union conservatrice a pâti de la mauvaise campagne de son chef de file, maladroit et impopulaire.

Les Verts devraient se contenter de la troisième place, avec environ 17 %. Ce score serait historique pour des Grünen qui n’ont jusqu’ici dépassé la barre des 10 % qu’en 2009. Mais il leur laisserait un goût amer car ils étaient en avril encore en tête des sondages, dans une Allemagne inquiète du changement climatique.

Les libéraux du FDP apparaissent d’ores et déjà comme un potentiel « faiseur de roi ». La gauche radicale Die Linke semble être prête à participer mais devra d’abord renoncer à ses critiques contre l’Otan. L’extrême droite AfD, entrée pour la première fois au Bundestag il y a quatre ans, devrait confirmer son ancrage parlementaire avec environ 10 % des voix, mais reste exclue de toute coalition éventuelle.