Le pape marche sur des oeufs en évoquant l'avortement

RELIGION Benoît XVI a été cloué au pilori en évoquant le préservatif. Et maintenant... l'avortement...

Avec agence
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Le pape Benoît XVI a appelé samedi, au deuxième jour de sa visite en Angola, les catholiques à travailler à la conversion des adeptes de sorcellerie, nombreux dans cette région d'Afrique sub-équatoriale.
Le pape Benoît XVI a appelé samedi, au deuxième jour de sa visite en Angola, les catholiques à travailler à la conversion des adeptes de sorcellerie, nombreux dans cette région d'Afrique sub-équatoriale. — Christophe Simon AFP

Après ses déclarations controversées sur le préservatif, le pape Benoît XVI a évoqué, en Angola, l'avortement, que l'Eglise condamne par tradition. Le pape a ainsi déclaré que la promotion de l'avortement constituait pour lui «un grave sujet de préoccupation».

«Combien est amère l'ironie de ceux qui promeuvent l'avortement au rang des soins de la santé des mamans! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive», a-t-il lancé, faisant référence au Protocole de Maputo, un document adopté par l'Union africaine en 2003 pour défendre les droits des femmes en Afrique. Son article 14 appelle les gouvernements à autoriser «l'avortement médicalisé, en cas d'agression sexuelle, de viol, d'inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du foetus».

Mise au point

L'Eglise catholique s'est toujours prononcée contre l'avortement, mais c'est la première fois que Benoît XVI s'oppose aussi spécifiquement à l'avortement thérapeutique.

Le Vatican a fait une mise au point samedi sur les propos de Benoît XVI sur l'avortement, précisant qu'il «ne parlait pas d'avortement thérapeutique» mais déplorait «une large utilisation de l'avortement comme moyen de contrôle des naissances». L'Eglise catholique a «toujours admis l'avortement indirect», quand des soins prodigués à la femme enceinte pour lui sauver la vie «ont pour conséquence la mort du foetus», a précisé le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi.

«Ce que le pape a dit, c'est qu'on ne peut pas avancer le concept de santé maternelle pour justifier l'avortement comme moyen de régulation des naissances», a assuré le porte-parole. Celui-ci a par ailleurs souligné que le protocole de Maputo «comporte de nombreux points que l'Eglise partage», comme «la lutte contre les mutilations sexuelles et la liberté de mariage».
Incompréhension

Cette semaine, nombreux sont ceux qui ont évoqué sans périphrase les dérapages du pape sur le préservatif. En France, l'ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP) a estimé que «ce pape commence à poser un vrai problème», trouvant qu'il vivait «dans une situation d'autisme total». Samedi a été publié un sondage qui montre que 55% des catholiques français ont une mauvaise opinion du pape.