La conférence contre le racisme de Durban II virera t-elle au fiasco?

NATIONS UNIES La conférence de Durban I en 2001 s'était terminée dans la plus grande confusion avec des accusations d'antisémitisme...

20minutes.fr

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Shimon Peres annonce qu'Israël quitte la conférence contre le racisme de Durban en 2001
Shimon Peres annonce qu'Israël quitte la conférence contre le racisme de Durban en 2001 — BAUBAU/SIPA
La conférence de l'ONU contre le racisme de Durban (Afrique du Sud) en 2001 avait été un fiasco. Elle s’était terminée dans la plus grande confusion avec un soupçon d’antisémitisme, certains pays ayant tenté de rétablir la résolution 3379 de l'Assemblée générale de l'ONU du 10 novembre 1975 qui qualifiait le sionisme de «rasciste».

Une nouvelle conférence de l’ONU contre le racisme est prévue du 20 au 24 avril à Genève et a déjà pris le nom de «Durban II», ce qui ne laisse pas augurer de la sérénité des débats. Le texte préparatoire de cette conférence a fait l’objet d’une violente polémique, notamment à cause de ses longs passages sur Israël, accusé de racisme et d'apartheid envers les Palestiniens. Dans ces conditions, les Etats-Unis, Israël, le Canada et l’Italie avaient annoncé qu’ils ne rendraient pas à Genève.

Coup de chaud à l’Assemblée

Mardi à l’Assemblée, le député UMP Claude Goasguen a pris à parti le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, demandant que la France se retire de la conférence: «Je rappelle que les travaux préparatoires de cette conférence sont menés sous présidence libyenne: chacun sait que la Libye est un pays expert en matière de Droits de l’homme. Le rapporteur est cubain, et Cuba est un autre pays expert en matière de Droits de l’homme!»

Après que l’Union européenne a aussi menacée de se retirer en bloc de la conférence, le groupe de travail a présenté mardi un nouveau projet de déclaration finale nettoyé des points de discorde. Le document de 17 pages élimine la majorité des sujets d'achoppement entre pays musulmans et occidentaux contenus dans le texte précédent qui avaient provoqué une levée de bouclier parmi ces derniers.

«Une base solide» selon l’ONU

 
Il ne comprend ainsi plus d'allusion à des exactions commises par Israël à l'encontre des Palestiniens, ni concept de diffamation des religions, deux éléments réclamés par les pays arabes et considérés comme «une ligne rouge» par les Occidentaux. Le document ne fait également plus mention de demandes de réparations pour l'esclavage pratiqué autrefois par certains pays européens, que réclamaient les pays africains.
 
La question des discriminations liées à l'homosexualité, défendue cette fois par les capitales occidentales au grand dam des pays musulmans et africains ainsi que du Vatican, a également été supprimée.
 
La Haut commissaire de l'ONU pour les Droits de l'homme Navanethem Pillay a estimé mercredi que le nouveau projet constituait «une base solide» pour la poursuite du processus. Reste aux différents pays à se positionner sur ce texte. Fin février, les Etats-Unis s’était dit «prêts à se réengager» si un nouveau document obtenait leur faveur.

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