Soudan du Sud : Les inondations ont déplacé ou affecté plus de 420.000 personnes

CRISE 100.000 habitants déplacés l’an dernier lors d’inondations records ne sont toujours pas rentrés chez eux

20 Minutes avec agences
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Des inondations à Khartoum au Soudan, le 6 septembre 2021 (illustration).
Des inondations à Khartoum au Soudan, le 6 septembre 2021 (illustration). — CHINE NOUVELLE/SIPA

De graves inondations ont déplacé ou affecté environ 426.000 personnes, dont 185.000 enfants, depuis mai dernier au Soudan du Sud. Les eaux ont recouvert de nombreuses maisons et fermes, a indiqué ce mardi l’agence humanitaire de l’ONU (Ocha).

Les équipes de secours ont déployé des bateaux et des canoës pour atteindre ces populations. Les pluies ont « amplifié la vulnérabilité des communautés », affirme l’Ocha, qui a notamment annoncé que « d’autres fortes pluies et inondations […] sont attendues dans les prochains mois ».

Une baisse des aides humanitaires

En 2020, des inondations records ont affecté 700.000 personnes sur une population totale de 11 millions d’habitants. Quelque 100.000 ne sont toujours pas rentrées chez elles. Cette année, 113 écoles ont été touchées, impactant l’éducation des enfants, ajoute l’Ocha.

L’agence avait déjà alerté en août sur une réduction de ses moyens, soulignant n’avoir reçu que 54 % des 1,7 milliard de dollars nécessaires au financement des programmes dans le pays. Les réductions budgétaires ont aussi forcé le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU à suspendre l’aide alimentaire pour plus de 100.000 déplacés au Soudan du Sud.

Une crise chronique d’ampleur

Quatre Sud-Soudanais sur cinq vivent dans la « pauvreté absolue », selon des données 2018 de la Banque mondiale. 60 % de la population souffre gravement de la faim, en raison de conflits, de sécheresses ou d’inondations. Depuis son indépendance en 2011, le pays est en proie à une crise économique et politique chronique et peine à se remettre de la guerre civile, qui a fait près de 400.000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018.

Selon un accord de paix de 2018, Salva Kiir et Riek Machar, adversaires durant la guerre civile, participent au pouvoir dans un gouvernement d’union nationale. Mais ce gouvernement est sous la menace constante des luttes de pouvoir qui retardent la mise en application de l’accord de paix et alimentent la violence endémique et une crise économique.