Coronavirus en Allemagne : Vif émoi après un meurtre par un opposant au port du masque

DRAME Un étudiant de 20 ans a été tué, samedi, après avoir refusé d’encaisser un client qui souhaitait acheter un pack de bières parce que ce dernier ne portait pas de masque

20 Minutes avec AFP
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Une affiche prônant le port du masque sur la vitrine d'un magasin, le 22 octobre 2020 à Munich, en Allemagne.
Une affiche prônant le port du masque sur la vitrine d'un magasin, le 22 octobre 2020 à Munich, en Allemagne. — Christof STACHE / AFP

Un homme a abattu un employé d’une station-service, ce samedi en Allemagne, après que ce dernier lui a refusé l’achat de bière pour non-port du masque. Un meurtre qui a suscité un vif émoi dans le pays, où une forte mouvance opposée aux restrictions sanitaires est mobilisée.

Le suspect, un homme de 49 ans originaire d’Idar-Oberstein (ouest) actuellement en détention provisoire, a indiqué à la police ne pas respecter les gestes barrières ni les restrictions sanitaires destinées à combattre l’épidémie de coronavirus.

Mercredi, la chancelière allemande, Angela Merkel, a condamné un meurtre « horrible », a déclaré sa porte-parole, Ulrike Demmer. « Le gouvernement condamne ce meurtre ciblé dans les termes les plus forts », a déclaré la porte-parole lors d’une conférence de presse, dénonçant « une violence qui laisse sans voix ».

Une « atteinte croissante à ses droits »

Cette affaire remonte à samedi lorsqu’un employé d’une station-service, un étudiant de 20 ans, a refusé d’encaisser un client qui souhaitait acheter un pack de bières parce que ce dernier ne portait pas de masque. L’homme de 49 ans est parti en laissant ses bières sur place. Il est revenu une heure et demie plus tard en portant cette fois un masque mais l’a retiré en passant devant le comptoir pour susciter une réaction du caissier. Après avoir de nouveau reçu l’ordre de porter son masque correctement, le client a sorti un revolver de sa poche et a tiré sur l’étudiant, mort sur le coup, a précisé la police.

Le suspect s’est présenté le lendemain au poste de police local. L’accusé a déclaré à la police qu’il se sentait « acculé » par les mesures relatives à la pandémie de Covid-19 qu’il percevait comme une « atteinte croissante à ses droits » et qu’il n’avait vu « aucune autre issue », a déclaré le procureur Kai Fuhrmann lundi. Des enquêteurs ont ensuite perquisitionné son appartement dans lequel ils ont retrouvé l’arme du crime ainsi que d’autres armes à feu et munitions. Depuis samedi, plusieurs habitants ont déposé des fleurs et des bougies devant la station-service.

Agressivité croissante

Le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas a mis en cause sur Twitter la mouvance autoproclamée des « Libres penseurs » (Querdenker), mouvement radicalement opposé aux restrictions sanitaires. « Les « Libres penseurs » célèbrent l’acte sur Internet. La haine et le harcèlement de ces personnes incorrigibles divisent notre communauté et tuent des gens. Ils n’ont pas leur place dans notre société », a accusé le ministre.

La police n’a cependant pas précisé si l’auteur des coups de feu se considérait comme membre de cette mouvance. Celle-ci fédère des membres de l’extrême gauche, des adeptes des théories du complot, des détracteurs de la vaccination ainsi que des partisans de l’extrême droite. Ils ont depuis le début de la pandémie régulièrement organisé des manifestations à travers l’Allemagne ayant rassemblé des dizaines de milliers de personnes dont plusieurs ont dégénéré en violences.