Libye : Emmanuel Macron réunira une conférence internationale le 12 novembre

DIPLOMATIE Les ministres français, allemand et italien des Affaires étrangères coprésideront également une réunion consacrée à la Libye mercredi à New York

20 Minutes avec AFP
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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, au siège de l'ONU à New York le 15 juillet 2021 (illustration).
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, au siège de l'ONU à New York le 15 juillet 2021 (illustration). — Europa Newswire//SIPA

La France veut être au centre du jeu diplomatique sur la Libye. Le président français Emmanuel Macron réunira donc une conférence internationale sur ce pays le 12 novembre, à un mois d’élections générales censées mettre fin à une décennie de conflit, mais qui paraissent de plus en plus hypothétiques.

La France demande le maintien du calendrier électoral et le « départ des forces et des mercenaires étrangers », a par ailleurs rappelé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lors d’une conférence de presse en marge de la 76e Assemblée générale de l’ONU. Le ministre français des Affaires étrangères et ses homologues allemand Heiko Maas et italien Luigi Di Maio coprésideront aussi une réunion consacrée à la Libye mercredi à New York.

Une loi électorale non votée

La ratification le 9 septembre d’une loi électorale, manifestement taillée sur-mesure pour l’homme fort de l’Est Khalifa Haftar, a provoqué une montée des tensions à trois mois du double scrutin crucial. Non soumis à un vote et signé par le chef du Parlement siégeant à Tobrouk (est), Aguila Saleh, un allié du maréchal Haftar, le texte a été accueilli par un déluge de critiques de députés et d’autres instances écartées du processus législatif.

Le Haut Conseil d’Etat libyen (HCE), instance faisant office de Sénat, a proposé pour sa part lundi un report d’au moins un an du scrutin présidentiel, faute de consensus sur la loi électorale. La ministre libyenne des Affaires étrangères Najla al-Mangoush n’avait pas non plus écarté fin août la possibilité d’un report des élections.

Les Etats-Unis soutiennent les élections

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, soutien affiché du maréchal Haftar, presse quant à lui pour la tenue des élections législatives et présidentielle comme prévu en décembre. Les Etats-Unis ont aussi qualifié ce scrutin de « meilleure opportunité depuis une décennie de mettre fin au conflit ».

En décembre, l’ONU estimait par ailleurs à quelque 20.000 le nombre de mercenaires et combattants étrangers en Libye : des Russes du groupe privé Wagner, des Tchadiens, des Soudanais ou encore des Syriens. Plusieurs centaines de militaires turcs sont eux aussi présents en Libye en vertu d’un accord bilatéral conclu avec le précédent gouvernement de Tripoli.