Crise des sous-marins : La visite à Londres de Florence Parly annulée par la France

TENSIONS DIPLOMATIQUES Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a joué l’apaisement en soulignant l'« immense importance » de la relation entre le Royaume-Uni et la France

20 Minutes avec AFP
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La ministre des Armées, Florence Parly, à Lille le 8 septembre 2021.
La ministre des Armées, Florence Parly, à Lille le 8 septembre 2021. — FRANCOIS GREUEZ/SIPA

La crise diplomatique continue après l’annulation par Canberra d’un contrat pour la fourniture de 12 sous-marins français et la mise en place d’un partenariat stratégique entre les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni. Une rencontre prévue cette semaine à Londres entre la ministre des Armées Florence Parly​ et son homologue britannique, Ben Wallace, a ainsi été annulée à la demande de Paris, a-t-on appris dimanche auprès d’une source au ministère français.

A Londres, une source au ministère de la Défense a assuré ne pouvoir ni infirmer ni confirmer cette annulation. « Le Royaume-Uni demeure en conversation avec son homologue français sur ces rencontres. Nous continuons d’avoir une relation de défense étroite et fructueuse avec la France, qui demeure un allié de confiance », a-t-elle précisé.

L’amour « indéracinable » de Londres envers Paris

Dans un souci d’apaisement, le Premier ministre britannique a pour sa part souligné dimanche l'« immense importance » de la relation entre le Royaume-Uni et la France, et l’amour « indéracinable » de Londres envers Paris. Les deux pays ont « une relation très amicale » a déclaré Boris Johnson à des journalistes à bord de l’avion qui l’emmenait à New York, où il doit assister à l’assemblée générale de l’ONU et rencontrer Joe Biden à la Maison-Blanche.

Le partenariat entre les trois pays, dans le but de contrer la Chine, « n’est en aucun cas destiné à être une somme nulle, il n’est pas destiné à être excluant », a estimé Boris Johnson, « ce n’est pas quelque chose dont qui que ce soit doive s’inquiéter et en particulier pas nos amis français ».

Mais il n’est pas certain que les mots du Premier ministre suffisent. Samedi, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, avait directement égratigné la Grande-Bretagne, jugeant inutile de rappeler son ambassadeur à Londres comme il l’avait fait avec ceux à Washington et Canberra. « On connaît leur opportunisme permanent », avait-il ironisé quelques mois après le Brexit. « La Grande-Bretagne dans cette affaire, c’est quand même un peu la cinquième roue du carrosse. »