Strasbourg : Des centaines de citoyens réunis pour démarrer une réflexion sur l'avenir de l'UE

L'EUROPE L'EUROPE L'EUROPE Cette initiative est conjointe entre le Parlement, la Commission et le Conseil européen

20 Minutes avec AFP
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Le Parlement européen de Strasbourg durant le discours d'Ursula von der Leyen, mercredi.
Le Parlement européen de Strasbourg durant le discours d'Ursula von der Leyen, mercredi. — YVES HERMAN / POOL / AFP

Plusieurs centaines de citoyens de tout le continent ont commencé à se réunir vendredi à Strasbourg pour réfléchir à l’avenir de l’Europe dans le cadre d’une vaste consultation inédite lancée par l’UE. « Vous êtes en train d’écrire l’histoire, c’est la première fois que la politique européenne sera élaborée non pas pour les citoyens mais avec les citoyens », a déclaré, en les accueillant dans l’hémicycle du Parlement européen (PE) à Strasbourg, l’eurodéputé libéral belge Guy Verhofstadt, co-président de cette conférence lancée officiellement au printemps, avec du retard et un démarrage laborieux.

« C’est la première fois que les trois institutions [la Commission européenne, le PE et le Conseil européen] font quelque chose ensemble. » Quelque 800 citoyens (et 200 en réserve en cas de défections) ont été sélectionnés dans les 27 pays de l’UE avec l’objectif d’un mélange d’âges, de professions et de lieux de vie (zone urbaine ou rurale). Répartis en quatre groupes de 200 personnes planchant sur quatre thématiques différentes, ces citoyens vont se rencontrer trois fois de septembre à novembre, dont la première fois à Strasbourg pour chacun des groupes.

7.300 idées

Ces panels citoyens auront pour base de départ de leurs discussions des propositions déjà formulées sur la plateforme en ligne de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, disponible en 24 langues (www.futureu.europa.eu). Depuis son lancement au printemps, quelque 26.700 personnes y ont participé et 7.300 idées y ont été suggérées sur différents thèmes. Les propositions sur l’avenir à dix ans de l’UE qui seront tirées de ces travaux sont attendues au printemps 2022, en pleine présidence française de l’UE et peu avant l’élection présidentielle, alors que Emmanuel Macron compte mettre l’Europe au cœur de sa campagne.

« Vous avez une grande responsabilité », a encore lancé Huy Verhofstadt. « Je suis sûr qu’aucun homme politique après cette conférence […] ne va encore pouvoir [en] nier les conclusions […] C’est ça le but : pousser l’Europe dans la direction que les gens veulent en surmontant des obstacles », a ajouté l’ancien Premier ministre belge. Lyonnais de 55 ans, Mohamed Chaib s’est inscrit à cette conférence pour « pouvoir donner un avis ». « La politique internationale m’intéresse, donc automatiquement, la politique européenne m’intéresse », explique ce conseiller clientèle dans le secteur bancaire.

« L’avenir de l’Europe m’intéresse beaucoup », confie Neea Kuri, Finlandaise de 21 ans originaire de Kokkola (ouest). En venant à Strasbourg, « je veux faire quelque chose. C’est peu, mais au moins, c’est déjà ça ! », explique la jeune femme, actuellement sans emploi. Mercredi, dans son grand discours annuel sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait souhaité que les jeunes « mène[nt] les débats ». Les jeunes sont d’ailleurs sur-représentés dans les panels citoyens qui commencent à se réunir puisque un tiers a entre 16 et 25 ans.